Les députés espagnols payés à ne rien faire pendant six mois

  • A
  • A
Les députés espagnols payés à ne rien faire pendant six mois
Le parlement espagnol.@ AFP
Partagez sur :

Dans l'incapacité de former un gouvernement le parlement espagnol va être dissous. Les députés sont payés depuis six mois sans voter.

Payer à ne rien faire... Face à l'incapacité des différents partis à former un gouvernement, le Roi d'Espagne a signé en début de semaine le décret convoquant de nouvelles élections législatives, le 26 juin prochain. Le blocage politique du pays, suite au précédent scrutin du 20 décembre, n'a pas empêché les députés d'être payés à ne rien faire ce qui suscite beaucoup de critiques et de la colère chez leurs concitoyens.

De 3.700 à 4.600 euros par mois. Les 350 députés espagnols auront touchés pendant six mois l'intégralité de leur salaire, soit 3.700 euros pour les députés élus à Madrid et 4.600 euros pour les autres alors que, selon les calculs de la presse locale, ils n'ont réellement travaillé qu'une cinquantaine de jours pour un résultat nul. En l'absence d'accord de gouvernement, aucune loi n'a en effet été votée depuis les élections de décembre. Malgré la dissolution du parlement le 3 mai, les députés seront payés jusqu'au 26 juin, ce qui exaspère les habitants.

Les espagnols "indignés". "Franchement, je suis indigné, nous on doit se lever tôt tous les matins pour gagner notre vie alors que eux sont payés à ne rien foutre", explique un Espagnol rencontré par Europe 1. "Dans une entreprise normale, ils auraient déjà été virés. Ceux qui ne font rien, on s'en sépare", poursuit-il. "Je suis très en colère. Ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord donc ils ne devraient pas toucher leur salaire, je n'ai jamais vu une situation pareil donc j'ai décidé de ne pas aller voter", prévient une autre.

A un peu moins de deux mois des élections, les partis politiques dont l'image s'est largement détériorée, s'inquiètent d'ailleurs du risque d'abstention. Pour tenter de se faire pardonner, les leaders politiques réclament une campagne austère avec moins de meetings. De son côté, le roi a demandé aux différentes formations de réduire leurs dépenses.