Les anti-Obamacare ne reculent devant rien

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Les anti-Obamacare ne reculent devant rien
@ REUTERS
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VIDÉO - Ils sont prêts à tout pour barrer la route à la réforme de la santé d’Obama, quitte à verser dans le ridicule.

L’INFO. "Tout cela serait drôle si ce n’était pas aussi fou". C’est ainsi que Barack Obama a réagi à certaines des attaques les plus outrancières contre sa réforme emblématique du système de santé, dont les républicains veulent retarder la mise en œuvre. L’Obamacare, dont certaines dispositions doivent entrer en vigueur dès mardi, est la réforme la plus importante du président. C’est peut-être pour cela que les républicains, Tea Party en tête, sont vent debout contre sa promulgation. Quitte à en dire n’importe quoi, n’importe comment.

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Ted Cruz, un discours de 21 heures. Mercredi 25 septembre, le sénateur texan Ted Cruz, affilié au Tea Party, a connu son heure de gloire en prononçant un discours de plus de 21 heures contre l’Obamacare.

Un extrait du discours de Ted Cruz (en anglais) :

Debout toute la nuit, quasiment seul, il avait revêtu des chaussures de tennis et pris soin de ne pas boire trop d’eau pour pouvoir rester à la tribune. Mais Ted Cruz aurait peut-être aussi dû préparer un peu mieux ses arguments : les médias n’ont pas manqué de relever les multiples erreurs de son discours, sur le statut des salariés de l’administration fiscale, sur les chiffres du chômage chez les jeunes noirs, sur les promesses faites par Barack Obama… Dans sa litanie d’exemples, le Texan cite le cas d’un étudiant endetté, John Connelly. Sauf que le jeune homme en question est bien content de bénéficier de la loi, comme il l’a expliqué plus tard.

Marlin Stutzman et "la volonté du people". Dimanche, le représentant de l’Indiana, Marlin Stutzman, a assuré que l’Obamacare était "basé sur un gouvernement  [au pouvoir] illimité, une arrogance bureaucratique et un mépris pour la volonté du peuple".

Marlin Stutzman et l'"arrogance bureaucratique" :

Seul problème : la loi a été votée par le Congrès, promulguée par le président, puis approuvée par la Cour suprême. Barack Obama a fait campagne en s’appuyant en grande partie sur ce texte, et a été réélu, souligne une éditorialiste du site Politico, qui se demande bien comment, dans ce cas, la volonté du peuple a bien pu être "méprisée".

Michele Bachmann et la loi qui "tue". Michele Bachmann, issue du Tea Party, n’en est pas à une outrance près. Devant la Chambre des représentants, elle n’a pas hésité à assurer que l’Obamacare allait "littéralement tuer des femmes, des enfants et des personnes âgées".

La tirade de Michele Bachmann (en anglais) :

Ironique, Barack Obama a répliqué à cette attaque dans un discours prononcé il y a quelques jours. "Cela remonte à il y a six mois. Je voudrais juste dire que nous avons toujours des femmes. Nous avons toujours des enfants. Et nous avons toujours des personnes âgées", a simplement noté le président américain.

Bill O’Brien et la loi sur l’esclavage. Pour le représentant du New Hampshire Bill O’Brien, la loi sur la réforme de la santé est "aussi destructrice des libertés individuelles et personnelles que le Fugitive Slave Act"¸une loi du XIXe siècle portant sur les esclaves évadés et leur retour à leurs propriétaires.

Bill O'Brien et la loi sur l'esclavage (en anglais) :

Citant le républicain fin septembre, Barack Obama a simplement assuré à son auditoire : "je n’invente rien".

Louie Gohmert et la réforme "socialiste". Représentant du Texas, Louie Gohmert s’est fait remarquer en avril dernier avec une sortie sur le gouvernement, accusé de "tout contrôler" et de "payer pour la protection sociale de tout le monde". "Un gouvernement peut-il être plus socialiste qu’en disant à tout le monde ce qu’il peut ou ne pas faire et comment ils peuvent vivre ?", s’est-il indigné.

Sur ce point, Barack Obama s’est trouvé un allié surprise en la personne de… Mitt Romney, son ex-rival républicain à la Maison-Blanche, dont la réforme de la santé dans le Massachusetts est très similaire à celle du président. Lors d’un débat, rapporte le site Mother Jones,  Mitt Romney a été contraint d’expliquer en quoi sa réforme, et donc l’Obamacare, n’avaient rien de socialistes.