L'Équateur reconnaît avoir restreint l'usage de l'internet à Assange

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L'Équateur reconnaît avoir restreint l'usage de l'internet à Assange
La connexion internet de Julian Assange, réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres, a été coupée lundi, selon Wikileaks.@ STEFFI LOOS / AFP
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Cette décision de Quito est liée à la publication samedi dernier de plusieurs discours d'Hillary Clinton, la candidate démocrate à la présidentielle américaine.

L'Équateur a admis mardi avoir restreint temporairement l'usage de l'internet dans son ambassade de Londres, où est réfugié depuis 2012 Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, pour échapper à son extradition vers la Suède. Dans une série de tweets entre lundi soir et mardi matin, Wikileaks, citant de "multiples sources américaines", avait accusé Quito d'avoir interrompu la connexion internet.

Une restriction qui ne gêne pas Wikileaks, selon Quito. "L'Équateur, dans l'exercice de sa souveraineté, a restreint temporairement l'accès à une partie de son système de communications dans son ambassade au Royaume-Uni", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. "Cette restriction temporaire n'empêche pas que l'organisation WikiLeaks mène à bien ses activités journalistiques", ajoute le texte.

Pour "ne pas s'immiscer" dans les élections américaines. Le ministère a précisé qu'au cours des dernières semaines, WikiLeaks a publié une importante quantité de documents qui ont un "impact" sur la campagne électorale aux États-Unis. "La décision de publier ce type d'informations est de la responsabilité exclusive de l'organisation WikiLeaks", a-t-il souligné. Il a affirmé que le gouvernement équatorien "respecte le principe de non intervention dans les affaires d'autres pays, ne s'immisce pas dans les processus électoraux en cours, ni ne soutient un candidat en particulier". C'est "dans ce sens" qu'il a été décidé de restreindre l'accès à l'internet au sein de l'ambassade.

Des discours de Clinton publiés. Wikileaks a publié samedi trois discours de l'ex-secrétaire d'État, Hillary Clinton, rémunérées par la banque Goldman Sachs, mettant en lumière ses liens avec Wall Street. L'équipe de la candidate n'a pas contesté l'authenticité des documents, subtilisés par Wikileaks dans les courriers électroniques de son chef de campagne, John Podesta. La candidate démocrate a accusé le gouvernement russe d'être responsable de ces fuites, point de vue partagé par l'administration américaine, et a reproché à WikiLeaks d'aider son adversaire républicain, Donald Trump.