Le régime syrien accuse les islamistes

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Le régime syrien accuse les islamistes
@ REUTERS
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Le médiateur de l'ONU s'est quant à lui dit "horrifié" par le massacre de 108 personnes à Houla.

C'est sa deuxième visite en trois mois. Deux jours après le massacre de 108 personnes à Houla, dans le centre de la Syrie, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, a évoqué son effroi lundi, dès son arrivé à Damas. "Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques d'il y a deux jours", a déclaré à la presse Kofi Annan, en référence à la mort d'une centaine de personnes dont une cinquantaine d'enfants. "C'était un acte répugnant, aux conséquences profondes", a-t-il ajouté, affirmant l'ONU "continuait à enquêter sur les attaques à Houla". "Ceux qui sont responsables de ces crimes brutaux devront en répondre", a lancé le médiateur, affirmant qu'il "comprenait" que le gouvernement syrien mène aussi une enquête.

"Des discussions sérieuses et franches" en vue

"Je prévois d'avoir des discussions sérieuses et franches" avec le président Assad, a expliqué Kofi Annan qui doit rencontrer le président Bachar al-Assad mardi. Avant cette rencontre, le régime syrien, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a accusé en retour des "islamistes", affirmant que les assassins ont tué à l'arme blanche, ce qui est la "signature" des attaques menées par des militants islamistes.   

Le ministère a ainsi certifié que l'armée syrienne s'était trouvée "en état de légitime défense contre des groupes terroristes armés" comprenant plusieurs centaines d'hommes qui, dit-il, ont commis ce massacre.

Cette visite intervient alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche le gouvernement syrien pour le massacre de Houla perpétré vendredi. Dans une déclaration adoptée à l'unanimité à l'issue d'une réunion d'urgence à New York, les 15 pays membres ont dénoncé "une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel".

La Chine demande une "enquête"

La Chine, allié sans faille de Bachar al-Assad, a demandé lundi une "enquête immédiate" sur ce massacre, condamné "vigoureusement" mais sans mettre en cause le régime syrien. Pékin exige notamment "la recherche des auteurs" (du massacre NDLR), a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin. Depuis le début des violences en mars 2011, tous les projets de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU ont échoué en raison du veto de la Chine mais aussi de la Russie.

Moscou a d'ailleurs mis en cause la participation "des deux parties" à Houla. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a notamment mis en avant la présence de blessures à bout portant en plus des tirs d'artillerie, à l'issue d'entretiens avec son homologue britannique William Hague.

1.881 personnes tuées depuis le 12 avril

En attendant d'éventuelles avancées diplomatiques, le bain de sang se poursuit en Syrie. A Hama, dans le centre du pays, 34 personnes ont été tuées dimanche, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Au total, 87 personnes ont trouvé la mort dimanche, l'une des journées les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu du 12 avril.

Nommé le 23 février, Kofi Annan a effectué une première visite en Syrie le 10 mars. Le médiateur de l'ONU a alors obtenu des autorités et des opposants un engagement à respecter un plan de paix en six points, prévoyant notamment un cessez-le-feu. Entré en vigueur le 12 avril, il est cependant violé quotidiennement. Au moins 1.881 personnes ont péri dans les violences depuis cette date, estime l'OSDH.