Le réalisateur de "Rush Hour" accusé de violences sexuelles par six femmes

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Le réalisateur de "Rush Hour" accusé de violences sexuelles par six femmes
@ CHRIS DELMAS / AFP
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Le réalisateur américain a rejeté toutes les accusations par le biais de son avocat.

Les actrices Natasha Henstridge et Olivia Munn ainsi que quatre autres femmes ont accusé Brett Ratner, qui a notamment réalisé les blockbusters Rush Hour et X-Men l'affrontement final, de violences sexuelles, selon le Los Angeles Times.

"Il s'est imposé physiquement". Le réalisateur de 48 ans a formellement démenti ces accusations dans une déclaration de son avocat au quotidien. Natasha Hentstridge, rendue célèbre par son rôle dans La Mutante en 1995, a accusé Brett Ratner de l'avoir forcée à pratiquer une fellation alors qu'elle était mannequin à New York et âgée de seulement 19 ans.  Brett Ratner - qui réalisait alors des vidéos musicales - "m'a tordu le bras. Et il s'est imposé physiquement", a déclaré l'actrice reconnaissant que, de guerre lasse, elle avait fait ce qu'il lui demandait. Elle a reconnu avoir été inspirée à prendre la parole par les dizaines de femmes ayant récemment dénoncé les violences sexuelles de Harvey Weinstein, un des producteurs les plus influents de Hollywood qui, devant la gravité et l'ampleur des accusations, a été forcé de démissionner de sa société.

Une lettre de dix pages de son avocat. Olivia Nunn, qui a joué dans la série télévisée The Newsroom, a affirmé au quotidien que Brett Ratner s'était masturbé devant elle quand elle était sur le plateau de Coup d'éclat (2005). Elle avait évoqué cette agression dans un livre mais sans donner de nom. Quatre autres femmes ont fait état de harcèlement sexuel. L'avocat de Brett Ratner, Martin Singer, a rejeté toutes ces accusations. "Je représente M. Ratner depuis deux décennies et aucune femme ne l'a jamais accusé de comportement sexuel inapproprié ou de harcèlement sexuel", a affirmé l'avocat au quotidien dans une lettre de dix pages. "Qui plus est, aucune femme n'a jamais demandé ou conclu un accord financier avec mon client", a-t-il ajouté.

Libération de la parole. Les retombées du scandale Weinstein, qui fait l'objet d'enquêtes à Londres, New York, Los Angeles et Beverly Hills, ont eu des retombées dans de nombreux milieux. Mercredi, Michael Oreskes, rédacteur en chef de la prestigieuse radio publique américaine NPR, a démissionné pour "comportement inapproprié" au lendemain d'informations du Washington Post selon lesquelles il aurait embrassé brusquement deux jeunes femmes qui espéraient un emploi pendant qu'il était chef du bureau de Washington du New York Times pendant les années 90. "Certains m'ont demandé s'il a fallu que des articles paraissent pour que nous prenions des mesures. La réponse est non. Nous agissions. Certaines mesures prises étaient visibles, d'autres pas", a assuré le directeur général de NPR Jarl Mohn, dans un mémo à sa rédaction, affirmant que pour garantir la confidentialité aux employés qui souhaiteraient s'exprimer, il ne pouvait donner plus de détails.

Les révélations sur le comportement d'Harvey Weinstein d'abord dans le New York Times et ensuite dans le magazine New Yorker ont libéré la parole de nombreuses femmes et de quelques hommes. Dans un édito au Hollywood Reporter, l'écrivaine Anna Graham Hunter, a accusé Dustin Hoffman - l'un des plus grands acteurs américains aujourd'hui âgé de 80 ans - de lui avoir mis la main aux fesses à de nombreuses reprises et de lui avoir tenu des propos chargés sexuellement alors qu'elle n'était âgée que de 17 ans, lors du tournage du film de Volker Schlöndorff Mort d'un commis voyageur en 1985.