"Génocide" arménien : la Turquie n'accepte pas les propos du Vatican

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"Génocide" arménien : la Turquie n'accepte pas les propos du Vatican
@ ANDREAS SOLARO / AFP
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Le souverain pontife a qualifié publiquement de "génocide" le massacre des Arméniens entre 1915 et 1917, dimanche à Rome.

L'INFO. C'est la première fois qu'un pontife prononce publiquement le mot de génocide pour parler du massacre des Arméniens il y a 100 ans. Le pape François a choisi le cadre solennel de la basilique Saint-Pierre de Rome pour le faire, à l'occasion d'une messe à la mémoire des Arméniens massacrés entre 1915 et 1917, concélébrée dimanche avec le patriarche arménien Nerses Bedros XIX Tarmouni et en présence du président du pays, Serzh Sargsyan.

1,5 millions de morts. "Au siècle dernier, notre famille humaine a traversé trois tragédies massives et sans précédent. La première, qui est largement considérée comme 'le premier génocide du XXe siècle' a frappé votre peuple arménien", a déclaré le pontife en citant un document signé en 2001 par le pape Jean Paul II et le patriarche arménien. "Les deux autres ont été ceux perpétrés par le nazisme et par le stalinisme. Et plus récemment d'autres exterminations de masse, comme celles au Cambodge, au Rwanda, au Burundi, en Bosnie", a-t-il ajouté.

Si le pape François s'est borné à citer la déclaration écrite de son prédécesseur, il n'en s'agit pas moins d'un tournant : le mot a pour la première fois résonné dans la bouche d'un pape. Les Arméniens estiment que 1,5 million des leurs ont été tués entre 1915 et 1917, à la fin de l'empire ottoman. Nombre d'historiens et plus d'une vingtaine de pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu un génocide.

La Turquie rappelle son ambassadeur au Vatican. Ankara a rapidement réagi à cette déclaration de François. "Lire ces évènements douloureux de façon partiale est inapproprié de la part du pape et l'autorité qu'il représente", a affirmé le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu. "La déclaration du pape, qui est loin de la réalité légale et historique, ne peut pas être acceptée", a de son côté écrit sur son compte Twitter le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, jugeant les propos de François "sans fondement". La Turquie a annoncé qu'elle rappelait "pour consultations" son ambassadeur au Vatican.

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