Le "Jour Végétarien" fâche l'Allemagne
Des jeunes libéraux du FDP ont organisé un barbecue impromptu pour protester contre la proposition des Verts. © REUTERS

En pleine campagne électorale, les Verts allemands proposent d’instaurer un jour végétarien dans les cantines. Et provoquent un tollé.

L’INFO. Dans un pays où la saucisse est reine, l’idée ne fait pas l’unanimité. En Allemagne, les Verts ont proposé la mise en place d’une drôle d’initiative : une journée végétarienne hebdomadaire dans toutes les cantines du pays. A moins de sept semaines des élections des députés du Bundestag, les écologistes ont réveillé une campagne électorale un peu morne et suscité le débat.

Un "Jour Végétarien". Dans leur programme, les Verts, actuellement troisièmes dans les sondages, rappellent que les Allemands consomment chaque année 60 kilos de viande chacun. Une consommation "élevée", qui "présente non seulement des risques pour la santé", mais nécessite aussi "un élevage intensif qui ne prend en compte ni l’homme, ni les animaux, ni l’environnement", ajoute le parti, selon le journal britannique The Telegraph. C’est pourquoi les écologistes proposent de créer un jour sans viande chaque semaine dans les cantines publiques allemandes des entreprises, des écoles et des crèches. Renate Künast, présidente du groupe parlementaire des Verts, voit dans ce "Jour Végétarien" une "occasion merveilleuse d’essayer de nous nourrir sans viande et sans saucisses", note le site The Local.

allemagne, verts, 400

"Touche pas à ma saucisse !". En réaction à cette proposition, des jeunes membres du parti libéral-démocrate, le FDP, partenaires du parti d’Angela Merkel, sont allés jusqu’à organiser un barbecue impromptu devant le siège des Verts à Berlin, raconte Der Spiegel. Leur slogan ? "Touche pas à ma saucisse !". Au sein du gouvernement conservateur, un porte-parole du ministre de l’Alimentation a déclaré qu’il n’était "pas favorable, en général, à une mise sous tutelle. Dans le doute, chacun doit décider quand et comment il mange". Même le SPD, allié des Verts contre Angela Merkel, a pris ses distances avec la proposition. Le porte-parole chargé de la Santé au sein du parti a ainsi assuré que la solution n’était pas d’obliger les gens à ne plus manger de viande.

Le public "infantilisé". La levée de boucliers ne s’est pas limitée au monde politique puisque le très influent président de l’Association des entreprises familiales, Lutz Goebel, s’est insurgé contre ce qu’il qualifie d’"horreur". "Nos salariés doivent décider eux-mêmes de ce qu’ils doivent manger", a-t-il asséné. Sans surprise, le président de la Fédération de l’industrie alimentaire allemande s’est lui aussi insurgé contre cette proposition qui "cache un modèle bizarre de mise au pas". Mais le "Jour Végétarien" a tout de même des soutiens, comme le journal de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, pour lequel l’appel des Verts est "inoffensif" au regard de ce qui se passe dans les abattoirs.