Le gouvernement met Rome sous tutelle, gangrénée par la mafia

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Le gouvernement met Rome sous tutelle, gangrénée par la mafia
@ AFP
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Le Premier ministre Matteo Renzi juge le maire de la capitale italienne incapable de faire face à l’emprise de la mafia et a décidé de mettre la ville sous tutelle.

C’est une mise sous tutelle inédite et qui ne dit pas son nom. Le maire de Rome, Igniazo Marino, va désormais devoir gouverner avec le préfet de la ville, Franco Gabrielli – pourtant de la même couleur politique -, pour extirper de sa mairie toutes les infiltrations mafieuses. Très décrié pour sa supposée inaction, l’édile reste donc en place mais il sera à présent étroitement surveillé par le gouvernement.

Un enterrement polémique. Il y a à peine une semaine, symbole criant de la situation actuelle, le chef mafieux Vittorio Casamonica était enterré en grande pompe, sous une pluie de pétales de roses déversés par un hélicoptère, la BO du Parrain de Coppola en fond. Un cordon de policiers municipaux aurait même ouvert le cortège funèbre selon le quotidien italien Il Messagero. Il faut dire que la cité éternelle fait face à des infiltrations mafieuses généralisées : appels d’offres truqués dans les travaux publics, déchets, gestion des migrants

Pots-de-vin et appels d’offres truqués. Un système de corruption tentaculaire et bien installé, comme l’explique au micro d'Europe 1 Lirio Abbate, journaliste à l’hebdomadaire L’Espresso : "A Rome, la mafia s’est servie non pas seulement des politiques, mais des employés publics pour piloter ensemble des appels d’offres publics, pour encaisser des pots-de-vin."

L’arme de la mafia, "la corruption". D’après ce spécialiste de l’association criminelle, celle-ci a su s’adapter avec le temps pour mieux infiltrer encore la société. "La nouvelle mafia est plus ‘élégante’ que les mafias traditionnelles, mais malheureusement plus moderne également. Elle n’utilise pas les armes pour tuer. Son arme, c’est la corruption".

Veiller sur la transparence des dépenses publiques. Et il y a urgence à agir, car Rome s’apprête à accueillir des millions de personnes dès le mois de décembre. Le pape François a en effet lancé une année de Jubilé extraordinaire, pour laquelle 33 millions de pèlerins sont attendus.

Le préfet sera donc chargé de veiller à ce que toutes les dépenses liées à la préparation de ce Jubilé se fassent dans la plus grande transparence. Pour faire face à l’afflux de visiteurs, plus de 80 chantiers vont en effet être lancés sous 15 jours. Un véritable appât pour la mafia alors que la ville ne peut se permettre un nouveau scandale de corruption.