Le Drian : en Centrafrique, "tout n'est pas réglé"

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INTERVIEW E1  - Le ministre de la Défense a toutefois balayé l'idée que la France puisse être plongée dans "un bourbier centrafricain".

Le Parlement a voté mardi pour la prolongation de l'opération de l'opération Sangaris en Centrafrique. Les députés ont voté par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions. "C'est un oui important", a souligné le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, invité d'Europe 1, mercredi matin.

"Tout ne va pas bien, tout n'est pas réglé". "Il y avait un certain nombre d'interrogations et d’inquiétudes", a reconnu le ministre. "Il y avait aussi le constat de ce qui s'est passé deux mois et demi : les massacres de masse se sont arrêtés et il y a eu un changement d'autorité politique avec une nouvelle chef de d'Etat avec qui nous pouvons travailler de manière positive", a-t-il détaillé.

Le ministre a au passage balayé l'idée que la France puisse être plongée dans "un bourbier centrafricain". "Tout ne va pas bien, tout n'est pas réglé mais quand je vois les descriptions apocalyptiques qui sont faites par certains, qui n'ont pas mis les pieds en Centrafrique, je suis quand même un peu interrogatif", a fait remarquer Jean-Yves Le Drian. "Tout ne va pas bien mais nous avons beaucoup avancé depuis deux mois et demi", a-t-il ajouté. "Moi je travaille avec des généraux de terrain et pas avec des experts qui observent depuis Paris", a-t-il ajouté.

Mais la question demeure autour de la durée totale de l'opération Sangaris. "La résolution de l'ONU [qui encadre l'opération, NDLR] la limite à six mois. Et nous allons revenir devant le Conseil de sécurité de l'ONU avec une nouvelle mission qui fera la transition avec l'opération de maintient de la paix", a-t-il rappelé.

La "principale préoccupation : la sécurité de proximité". Interrogé sur la nécessité dans quelques mois de renforcer à nouveau les effectifs français sur place, Jean-Yves Le Drian a indiqué que sa "principale préoccupation aujourd’hui c’est la sécurité de proximité. Faire en sorte qu’il y ait des policiers et des gendarmes qui forment des policiers et des gendarmes de Centrafrique pour empêcher les brigands de commettre des exactions de toutes sortes".

Interrogé sur le coût de l'opération Sangaris, Jean-Yves le Drian a  esimé que "jusqu'ici, il est à peu près de 100 millions. Si nous sommes en année pleine, ce sera aux environs de 200 millions d'euros. Ça rentre dans le cadre des Opérations extérieures (Opex) décidées en cours d'année et ça ne rentre pas dans le budget de la Défense, mais c'est un budget partagé par le budget de l'Etat."

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