Le Danemark veut confisquer les bijoux des migrants

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Le Danemark veut confisquer les bijoux des migrants
Des réfugiés arrivant à la gare de Copenhague en novembre.@ CARSTEN REHDER / DPA / AFP
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Le gouvernement danois prévoit, dans une loi, de confisquer les bijoux aux migrants pour financer leur accueil. La mesure est très controversée.

La proposition de loi du gouvernement danois fait scandale. Présentée en novembre, votée prochainement, elle prévoit d'autoriser la fouille des bagages des migrants et de confisquer tout objet de valeur ou argent liquide au delà de 3.000 couronnes danoises, soit 400 euros environ. Les montres, les bijoux auxquels leurs propriétaires manifestent un attachement particulier comme les alliances, mais aussi les téléphones portables, ne sont pas concernés par cette mesure qui s'inscrit dans le cadre d'un resserrement plus large des conditions d'accueil des migrants dans le royaume scandinave.

Vendredi, le gouvernement a persisté et signé. Il a défendu son projet bec et ongles. "Certains médias étrangers réprouvent le fait que nous puissions à l'avenir saisir les effets de valeur des demandeurs d'asile et exiger qu'ils prennent en charge le coût de leur séjour dans des centres pour réfugiés, a écrit la ministre de l'Intégration Inger Stojberg sur son compte Facebook. Ces critiques ne sont pas justifiées". La ministre, du parti de droite Venstre, prône une immigration a minima.

Spoliation. Car les réactions sont nombreuses au Danemark mais aussi à l'étranger. Les opposants qualifient la mesure de dérive "autoritaire". Une pétition en ligne "Non à la confiscation des biens des migrants" avait déjà recueilli vendredi plus de 6.000 signatures. "Fuir des régimes brutaux et totalitaires témoigne de l'aspiration des hommes à vivre dans une société plus accueillante. Refusons que les demandeurs d'asile soient accueillis dans ce même esprit totalitaire", s'indignent ses auteurs. Le Washington Posta également tancé jeudi Copenhague en estimant que le projet de loi avait une "connotation particulièrement douloureuse en Europe" où les nazis ont spolié les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Les "mieux lotis". A en croire le responsable des questions d'intégration pour le parti Konservative, Naser Khader, ce sont les mieux lotis qui prennent le chemin de l'exil, les plus pauvres n'ayant, eux, guère les moyens de payer les passeurs. "Il est inacceptable que les contribuables danois payent pour des demandeurs d'asile dotés d'un patrimoine", plaide-t-il.

"Une mesure exceptionnelle". Le président du Parti populaire danois, formation populiste qui assure une majorité parlementaire à la droite, juge lui aussi "normal que les gens qui viennent ici payent eux-mêmes leurs dépenses s'ils en ont les moyens". Jacob Mark, du Parti populaire socialiste, s'élève au contraire contre une disposition qui fera "des policiers de vulgaires marchands". Critiqué sur sa gauche, le parti social-démocrate invoque de son côté "une mesure exceptionnelle dans un contexte exceptionnel". 

Le Danemark a vu arriver plus de 13.000 demandeurs d'asile entre le 1er janvier et le 30 octobre, dont plus du quart au cours du seul mois d'octobre. Dix fois moins que la Suède voisine qui en attend jusqu'à 190.000 sur l'année.