Le convoi nucléaire poursuit sa route

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Le convoi nucléaire poursuit sa route
@ REUTERS
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Le train de déchets nucléaires a quitté la France samedi après-midi pour l'Allemagne.

Le train de déchets radioactifs parti vendredi de Normandie à destination de l'Allemagne a passé la frontière samedi en franchissant le pont de Kehl qui enjambe le Rhin. Un trajet qui a divergé du projet initial pour éviter les manifestants qui attendaient le convoi à 60 km plus au nord. Le convoi, composé de 14 wagons contenant 123 tonnes de déchets nucléaires vitrifiés, a franchi le pont à 13h53 exactement, protégé par des membres du GIPN alors qu'une vedette de la police était stationnée sous le pont.

Le train, qui a quitté vendredi le terminal ferroviaire du groupe nucléaire français Areva à Valognes, dans la Manche, est attendu dimanche à Gorleben, près de Dannenberg en Allemagne. Les déchets retraités par le groupe français Areva doivent parcourir quelque 600 kilomètres sous la vigilance de 16.000 policiers allemands pour rejoindre le site de stockage de Gorleben. A Dannenberg, les conteneurs seront chargés sur des camions pour effectuer par route les 20 kilomètres restants.

Mais son parcours est ralenti par des militants.

Les manifestants au rendez-vous

Une fois la frontière allemande franchie, le convoi s'est de nouveau arrêté pour une très longue pause technique de quatre heures en gare de Kehl. Six wagons transportant des policiers allemands ont été attelés.

Certains antinucléaires se sont attelés à retirer le ballast sous les rails, "un délit" dénoncé par la chancelière Angela Merkel. La police a dit avoir dû déloger certains manifestants, qui leur lançaient des pierres et des pétards, à coups de matraques et de sprays au poivre près de Dannenberg, la gare terminus du convoi dans le nord du pays. "Des milliers de personnes se sont inscrites pour mener des actions de blocage pacifique sur les voies et sur les routes", a assuré une porte-parole de l'association de X-Tausendmal Quer.

A quelques dizaine de mètres seulement du lieu de déstockage du train, entre 10.000 et 50.000 manifestants, selon la police et les organisateurs, se sont réunis depuis samedi midi dans un champ de maïs à Dannenberg. Objectif : protester contre ce 12ème rapatriement de déchets nucléaires depuis 1995 et contre la politique nucléaire du gouvernement. Cette mobilisation sans précédent depuis plusieurs années outre-Rhin a amené la chancelière Angela Merkel à lancer un appel au calme. Des barricades en fil barbelé ont été installées sur le lieu supposé d'arrivée du convoi.

En Allemagne, le débat sur le nucléaire s'est à nouveau enflammé. Les députés ont adopté la semaine dernière à Berlin un projet de loi prolongeant la durée de vie des réacteurs nucléaires allemands, alors qu'elle devait sortir du nucléaire en 2020, malgré l'hostilité de l'opinion publique allemande.

Grosse mobilisation en France

L'itinéraire du train a dû être modifié dans la nuit de vendredi à samedi en raison du retard du convoi, resté bloqué vendredi soir à Caen par des militants. Les associations ont suivi de près l'avancée du train. Le réseau "Sortir du nucléaire" a même proposé un suivi, minute par minute de l'évolution du train sur un blog.

Le convoi a effectué sa dernière escale en France, à Strasbourg, samedi où il a notamment changé de locomotives. D'importantes force de police avaient été déployées aux alentours du train pour le changement des deux motrices.

En tout, ce sont un millier de gendarmes et policiers, aidés d'hélicoptères, qui ont été mobilisés en France pour protéger le train de déchets radioactifs tout au long de son parcours sur l'Hexagone. Ces forces de l'ordre "ont permis que le trajet de ce convoi se déroule sans incident majeur et en toute sécurité à travers la France", a indiqué le ministre de l'Intérieur.