Le Conseil de sécurité condamne Damas

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Le Conseil de sécurité condamne Damas
@ REUTERS
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A l'unanimité, les 15 membres ont adopté une déclaration condamnant le gouvernement syrien.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné dimanche le massacre qui a fait au moins 108 morts à Houla (centre de la Syrie) et en a rendu responsable le gouvernement syrien. Dans une déclaration adoptée à l'unanimité, les 15 membres du Conseil, y compris la Russie alliée de la Syrie, dénoncent "une série de bombardements par les tanks et l'artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel".

"Cet usage scandaleux de la force contre la population civile viole les lois internationales et les engagements du gouvernement syrien", souligne le texte. Le Conseil "exige" aussi que Damas "cesse immédiatement d'utiliser des armes lourdes" dans les villes syriennes rebelles et qu'il "retire immédiatement ses troupes et ses armes lourdes" de ces villes pour les cantonner dans leurs casernes, conformément au plan de paix du médiateur Kofi Annan. La déclaration "réaffirme que toutes les formes de violence exercées par toutes les parties doivent cesser". "Les responsables d'actes de violence doivent être sanctionnés", ajoute le texte.

Annan doit se rendre en Syrie dans les prochains jours

Les 15 pays réaffirment leur "soutien total" aux efforts de médiation de Kofi Annan et "lui demandent de transmettre dans les termes les plus clairs (..) les exigences du Conseil" au gouvernement syrien. Kofi Annan doit se rendre en Syrie "dans les prochains jours", ont indiqué des diplomates.

Les membres du Conseil avaient auparavant entendu un rapport fait par vidéoconférence par le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général norvégien Robert Mood. Selon des responsables de l'ONU, les observateurs estiment qu'au moins 108 personnes ont été tuées à Houla, dont 49 enfants et sept femmes, et que près de 300 ont été blessées. Les victimes ont été notamment atteintes par des éclats d'obus ou exécutées "à bout portant".

Une source à l'ONU a indiqué qu'après un "barrage d'artillerie" sur Houla, la ville avait été investie par des "miliciens" alaouites, la communauté à laquelle appartiennent les principaux dirigeants syriens.

Des consultations mardi

L'ambassadeur britannique Mark Lyall-Grant a salué "une réponse ferme et unie" du Conseil aux "atrocités" commises par Damas. "Dans les jours à venir, le Conseil se réunira de nouveau pour discuter de manière plus détaillée des prochaines mesures à prendre", a-t-il indiqué à la presse. Les 15 pays doivent tenir mardi des consultations et entendre mercredi un nouveau compte-rendu de Kofi Annan sur la situation en Syrie.

"Avec ce nouveau crime, le régime assassin de Bachar Al-Assad enfonce encore davantage la Syrie dans l'horreur et menace la stabilité regionale", a affirmé le représentant permanent adjoint français Martin Briens. "Le régime syrien ne peut continuer plus longtemps à violer ses obligations, sauf à risquer la fin du plan Annan", a-t-il ajouté. Le Royaume-Uni et la France avaient initialement proposé une déclaration encore plus ferme mais la Russie avait bloqué l'adoption du texte, mettant en doute la responsabilité des forces syriennes et demandant que le général Mood s'exprime d'abord devant le Conseil.

Les autorités syriennes nient être responsables du massacre, qui a provoqué un tollé international et a fragilisé le plan Annan. L'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari a critiqué un "tsunami de mensonges".

"Une incompréhension de leur rôle"

Dans une lettre adressée dimanche au Conseil, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné que ce massacre rendait encore plus délicate la tâche des quelques 280 observateurs de l'ONU présents en Syrie. Ceux-ci sont chargés de superviser un cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril mais régulièrement violé depuis.

"Les observateurs de l'ONU sont de plus en plus souvent accusés de ne pas avoir réussi à faire cesser la violence et dans certains cas, sont même blâmés pour l'augmentation de cette violence", souligne Ban Ki-moon, qui évoque une "incompréhension de leur rôle". Le résultat est que les observateurs "sont dans une situation dangereuse, à la fois en ce qui concerne leur capacité à mener des opérations et leur sécurité personnelle", conclut-il.