La Tunisie est "en état d'urgence économique", prévient un ministre

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La Tunisie est "en état d'urgence économique", prévient un ministre
Alors que le gouvernement misait sur 2,5% de croissance cette année, il devra se contenter de 1,4%.@ FETHI BELAID / AFP
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Le pays, dont la dette publique a doublé en cinq ans, aura une croissance 2016 inférieure à celle escomptée. 

La Tunisie est "en état d'urgence économique" avec une croissance atone et des finances publiques "en grande difficulté", a prévenu mercredi un ministre à l'approche d'une conférence internationale des investisseurs à Tunis.

Une situation "extrêmement inquiétante". "La situation imposerait que l'on commence à investir dans ce pays. Si la Tunisie est en état d'urgence contre le terrorisme, il faudrait que tout le monde comprenne qu'on est aussi dans un état d'urgence économique", a dit le ministre de l'Investissement, Fadhel Abdelkéfi, lors d'une rencontre organisée par la chambre de commerce tuniso-britannique. "La situation macro-économique du pays est extrêmement inquiétante", a-t-il ajouté.

Un déficit à 6,5% du PIB. Fadhel Abdelkéfi a notamment évoqué un déficit public "abyssal" à 6,5% du PIB "et une dette (publique) de 63% (du PIB) qui a plus que doublé en cinq ans". Dans le même temps, il a relevé que la croissance en 2016 serait inférieure à 1,4%, loin des 2,5% escomptés.

Un nouveau code pour faciliter les investissements. Dans une interview diffusée mercredi, le Premier ministre Youssef Chahed a annoncé qu'une loi dite d"urgence économique" va permettre durant trois ans "des facilités administratives pour les projets nationaux prioritaires" qui ont "une grande capacité" de recrutement surtout dans l'intérieur du pays. Un nouveau code de l'investissement censé favoriser le climat des affaires va aussi entrer en vigueur au 1er janvier. L'unique pays rescapé des Printemps arabes est confronté à d'importantes difficultés économiques et de fréquents mouvements sociaux. Il a signé en mai un nouveau plan d'aide de 2,6 milliards d'euros sur quatre ans avec le Fonds monétaire international (FMI).