La surmortalité reste élevée chez les diabétiques en France

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La surmortalité reste élevée chez les diabétiques en France
L'excès de surmortalité s'explique surtout par les maladies cardiovasculaires mais aussi par les cancers. Image d'illustration. @ ELMER MARTINEZ / AFP
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Les hommes diabétiques présentent une surmortalité de 34% et les femmes de 51%, selon une étude publiée mardi.

Les personnes diabétiques présentent toujours un risque de mort plus élevé que le reste de la population française, malgré l'amélioration de leur suivi médical, selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). En France, plus de 3 millions de personnes étaient traitées pour diabète en 2013.

De 34% à 51% de surmortalité. Par rapport à la population générale, les hommes diabétiques présentent une surmortalité de 34% et les femmes de 51%, selon cette étude publiée , qui a suivi un groupe de près de 5.900 personnes de plus de 45 ans soignées pour diabète entre 2007 et 2012. Cette surmortalité a baissé chez les hommes diabétiques, puisqu'elle était de 53% dans la cohorte précédente (de 2002 à 2006), mais très peu chez les femmes, où la surmortalité était de 57% pour la période précédente, souligne le BEH. L'excès de mortalité des personnes diabétiques par cancer reste aussi important : il est estimé à 21% chez les hommes et 26% chez les femmes. Une surmortalité significative a également été observée pour les maladies rénales, de l'appareil digestif, infectieuses et respiratoire.

Tabagisme fatal chez les femmes. La revue note en particulier que "l'excès de mortalité par maladie cardiovasculaire", première cause de mort chez les diabétiques, "ne diminue pas" chez les femmes (74%, contre 68% entre 2002 et 2006) et "reste élevé" chez les hommes (à 41% contre 62%). "Or, l'étude de l'évolution du contrôle des facteurs de risque vasculaire a montré, chez les personnes diabétiques de type 2 (la forme la plus courante du diabète, ndlr), une amélioration du contrôle glycémique, de la pression artérielle et du LDL-cholestérol, mais une augmentation de la prévalence (fréquence, ndlr) de l'obésité et un tabagisme toujours présent", note l'étude. "L'absence de diminution de la mortalité cardiovasculaire observée chez les femmes diabétiques pourrait être liée en partie à l'augmentation de leur consommation de tabac", estime le document. De plus, selon certaines études, l'augmentation de l'activité physique a moins d'effet positif chez les femmes, tandis que l'obésité jouerait un rôle plus néfaste que chez les hommes.

Importance de la prévention. "Ces résultats rappellent l'importance des mesures de prévention des complications cardiovasculaires du diabète et soulignent que des progrès sont encore nécessaires", conclut l'étude.