La journaliste française Camille Lepage assassinée en Centrafrique

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La journaliste française Camille Lepage assassinée en Centrafrique
Des soldats de l'armée centrafricaine. Photographie de Camille Lepage@ Reuters / Camille Lepage
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EMOTION - L'Elysée a annoncé mardi soir la mort de cette photojournaliste de 26 ans en Centrafrique.

L'INFO. Une photographe et journaliste française, Camille Lepage, a été "assassinée" dans l'ouest de la République centrafricaine où elle effectuait un reportage, a annoncé mardi l'Elysée dans un communiqué. "La dépouille mortelle de Mme Lepage a été trouvée lors d'une patrouille de la force Sangaris, à l'occasion d'un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar", indique la présidence française.

Une photographe freelance. La dépouille de la jeune photoreporter de 26 ans a été découverte en même temps que quatre autres corps, dans un pick-up. Les dix personnes à bord du véhicule sont actuellement interrogées. Les quatre autres corps sont ceux de villageois de Fembélé. François Hollande a déclaré que la jeune journaliste est "sans doute tombée dans un guet-apens".

La journaliste, originaire d'Angers, avait commencé à travailler au Sud-Soudan en 2012, comme journaliste freelance. Ses photos avaient été publiées dans les plus grands journaux, comme le New York TimesThe Guardian ou encore Le Monde.

La semaine dernière, elle voyageait avec des anti-balaka en Centrafrique, pour un reportage.

Centrafrique Lepage

© Reuters / Camille Lepage

"Sans doute tombée dans un guet-apens". La photojournaliste est "sans doute tombée dans un guet-apens", a déclaré le président français à la presse mardi soir à Tbilissi. Le ministère de la Communication à Bangui a déclaré que la jeune fille ne portrait pas de gilet par balles au moment de sa mort.

Selon des sources concordantes, la jeune femme a été tuée lors d'une embuscade dans la région de Bouar, dans l'Ouest, près du Cameroun et du Tchad. "Cela date de deux jours. Camille Lepage était en compagnie des anti-balaka pour son reportage. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons. Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a expliqué mardi soir une source militaire, qui a demandé à rester anonyme.

"Il y a eu des affrontements qui ont duré plus d'une demi-heure et ont fait au moins dix morts, dont quatre anti-balaka et six ex-Séléka et Peuls armés", a-t-elle ajouté sous couvert d'anonymat. "Les anti-balaka basés à Bouar et à Cantonnier à la frontière avec le Cameroun, effectuent des patrouilles sur ce tronçon, et ont eu à plusieurs reprises des accrochages meurtriers avec des ex-Séléka et peuls armés", a-t-elle précisé.

La France veut faire la lumière sur les circonstances. Le chef de l'Etat François Hollande assure que "tous les moyens nécessaires seront mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote". 

Le chef de l'Etat a demandé l'envoi immédiat sur le site du drame d'une équipe française et de la police de la force africaine déployée en RCA" et assure que "tous les moyens nécessaires seront mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote", lit-on dans un communiqué. Le président Hollande a adressé ses plus sincères condoléances aux proches de la victime. L "Elle faisait des photos, elle pensait faire son devoir et elle est sans doute tombée dans un guet-apens", a indiqué le chef de l'Etat.

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a, de son côté, fait part de sa "très vive émotion" à l'annonce de ce décès. "Il ne saurait y avoir d'impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s'en prennent à la liberté fondamentale d'informer et d'être informé", a-t-il fait savoir depuis les Etats-Unis.