La France va s'expliquer à Bruxelles

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La France va s'expliquer à Bruxelles
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Le sommet européen est l’occasion pour Nicolas Sarkozy d’expliquer sa gestion du dossier Roms.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Européenne (UE) se sont retrouvés jeudi à Bruxelles pour un sommet qui sera dominé, au moins en coulisses, par la politique controversée de la France à l'encontre des Roms et son bras-de-fer avec la Commission européenne. Mercredi, Paris et Bruxelles n'ont cessé de dialoguer sur un ton à mi-chemin entre les explications et le règlement de compte.

Scandalisé par les propos de la commissaire européenne chargée de la Justice, Viviane Reding, le président français a promis de s'expliquer avec ses pairs. Car si cette dernière a exprimé des "regrets" pour avoir tenu des propos maladroits, elle menace toujours Paris de poursuite.

Une procédure européenne qui aurait pour conséquence directe de geler toutes les procédures d’expulsion de Roumains et de Bulgares vers leurs pays. Le Premier ministre et les ministres de l’Intérieur et de l’Immigration ont donc été conviés mercredi après-midi à l’Elysée pour préparer la défense de la France.

Justifier la politique française

Le Premier ministre français François Fillon a déjà assuré mercredi soir à Bruxelles que son pays allait démontrer "dans les toutes prochaines heures" que sa politique de démantèlement et d'expulsion de Roms ne viole pas le droit européen.

"J'ai pris ce soir acte des regrets que Mme Reding a exprimé au regard des positions scandaleuses qu'elle avait tenu sur la politique qui est conduite en France", a-t-il poursuivi.

Le gouvernement français entend démontrer qu’il respecté le droit communautaire et a procédé à des démantèlements de camps, non en fonction de la nationalité de ses occupants, mais au regard de la légalité de leurs situations. Un malentendu favorisé par la circulaire du 5 août, qui évoquait spécifiquement les "Roms" et a depuis été reformulée.

Un sommet à l’origine dédié à l’économie

La polémique sur les Roms risque d'éclipser les autres questions à l'ordre du jour de la réunion des dirigeants des 27 pays de l'UE. Les dirigeants européens doivent en effet d’abord débattre de leur gestion commune de la crise de la dette. Les 27 divergent notamment sur la création de nouvelles sanctions contre les pays trop laxistes, réclamées par l'Allemagne.