La fin de Kadhafi est proche, selon les rebelles

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La fin de Kadhafi est proche, selon les rebelles
@ REUTERS
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La prise de Tripoli semble désormais à leur portée. L'ex-numéro deux du régime a rejoint la rébellion.

Les rebelles gagnent du terrain. Vendredi, ils ont annoncé contrôler Zliten et de Zawiyah, deux succès majeurs dans leur avancée vers la capitale Tripoli, bastion du régime.

Nouvelles défections ?

Par ailleurs, l'ancien numéro deux du régime, Abdel Salam Jalloud, a rejoint les rangs de la rébellion libyenne, a annoncé vendredi un porte-parole des insurgés. Jalloud, qui avait participé au coup d'Etat qui a propulsé au pouvoir le colonel Kadhafi en 1969, était considéré comme le numéro deux du régime libyen avant de tomber en disgrâce dans les années 1990. Le ministre, Omran Aboukraa, se trouve lui actuellement en Tunisie et n'est pas rentré en Libye au terme d'un séjour en Italie, a révélé samedi une source officielle tunisienne.

"Tout montre que la fin est très proche"

"Nous avons des contacts avec le premier cercle du colonel Kadhafi (...), tout montre que la fin est très proche, avec l'aide de Dieu", a déclaré samedi le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil au cours d'une conférence de presse.  "Si Kadhafi veut quitter le pouvoir, nous voulons qu'il l'annonce lui-même (...). Mais nous pensons qu'il ne le fera pas", a-t-il encore déclaré. "Je m'attends à une fin catastrophique pour lui et pour les siens. Je m'attends aussi à ce qu'il créé une situation (d'anarchie) dans Tripoli. J'espère que je me trompe", a ajouté le président du CNT.

Brega, Zliten, Zawiyah et Zentane au mains des rebelles ?

Les rebelles continuaient de combattre samedi pour le contrôle de Zaouïah et Zlitane, deux villes côtières encadrant la capitale, Tripoli. Si les rebelles libyens, soutenus par l'aviation de l'Otan, parviennent à évincer complètement les forces de Mouammar Kadhafi en dehors de ces villes, ils s'ouvriront le chemin vers la capitale après six mois de conflit.

Les rebelles ont dû se retirer samedi de la zone industrielle de Brega à cause des bombardements intenses des forces pro-Kadhafi, selon leur porte-parole militaire, le colonel Ahmed Omar Bani. Ils avaient annoncé plus tôt dans la journée, contrôler tout Brega, théâtre de violents combats depuis des semaines, après s'être emparés des installations pétrolières de la ville.

Par ailleurs, après une offensive éclair lancée à vendredi l'aube contre les forces fidèles au régime, la ville côtière de Zliten, à 150 km à l'est de Tripoli, "est maintenant sous le contrôle de nos combattants", a affirmé un responsable de la rébellion. Il a néanmoins fait état de combats toujours en cours pour en finir avec des poches de résistance et a annoncé la capture du colonel Omrane Ali Ben Salim, chef des renseignements pour Zliten, "responsable de la chasse" des militants anti-Kadhafi.

La situation humanitaire se détériore encore

Sur le plan humanitaire, l'intensification des combats a entraîné une "rapide détérioration de la situation humanitaire" dans plusieurs villes, où des hôpitaux ont été "attaqués ou utilisés à des fins militaires", a déploré la Croix rouge internationale.

A Genève, l'Organisation internationale pour les migrations s'est inquiétée du sort de milliers de migrants qui sont actuellement empêchés de quitter Tripoli par la route vers la Tunisie à cause des combats. Elle prépare des plans d'évacuation, probablement par voie maritime.

Plus de 600.000 migrants ont déjà quitté la Libye depuis le début du conflit lancé le 15 février par un soulèvement populaire contre le régime et qui s'est transformé en guerre civile dans laquelle des milliers de personnes ont péri.