La défense européenne commence à prendre forme

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La défense européenne commence à prendre forme
La table ronde du 22 juin 2017 à Bruxelles, premier jour de négociations du sommet européen@ Christophe LICOPPE / POOL / AFP
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Les dirigeants européens ont appelé à la mise en oeuvre rapide d'un fonds européen et de Défense.

Mise en commun des achats de matériel militaire et de la recherche, soutien aux industriels de la défense, réaction militaire et civile rapide en cas de grave crise : les dirigeants européens ont rappelé jeudi leur priorités pour concrétiser l'Europe de la défense.

Fonds européen de la défense. D'une même voix, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont promis jeudi de "renforcer la coopération au sein de l'UE en matière de sécurité extérieure et de défense de manière à protéger l'Union et ses citoyens et à contribuer à la paix et à la stabilité dans son voisinage et au-delà". Ils ont appelé à la mise en oeuvre rapide d'un fonds européen de la Défense, proposé récemment par la Commission européenne, qui veut à moyen terme en faire un puissant levier pour financer la recherche et développement, et soutenir l'industrie européenne de la défense, notamment les petites et moyennes entreprises. Les dirigeants demandent une "concrétisation rapide" du fonds. La Commission va le doter dans un premier temps de 90 millions d'euros, mais espère à partir de 2020 mobiliser par ce biais jusqu'à 5,5 milliards d'euros par an.

"Le développement conjoint de projets capacitaires (...) en vue de remédier aux lacunes majeures qui existent et de mettre au point les technologies de demain est primordial si l'on veut atteindre le niveau d'ambition de l'UE", ajoutent-ils.

"Depuis des années et des années, il n'y avait pas eu d'avancées en matière de défense, il y en a eu une aujourd'hui", s'est félicité le président français Emmanuel Macron, très attaché au renforcement de l'Europe de la défense. Ces conclusions "sont à la hauteur des enjeux. Il faut en mesurer la portée historique", a-t-il poursuivi. Les dirigeants ont aussi revu le financement des groupements tactiques européens, des unités de 1.500 soldats censées être déployées en dix jours en cas de crise mais qui n'ont jamais été réquisitionnées, dans l'espoir de lever les blocages qui pesaient sur leur utilisation.

Des sujets sans consensus. Les fortes tensions avec la Russie, le vote du Brexit et l'élection de Donald Trump, qui a fait naître la crainte d'un désengagement américain, ont conduit les Européens à prendre à bras le corps des chantiers longtemps délaissés faute de consensus entre les plus atlantistes, comme le Royaume-Uni, et les partisans d'une UE plus forte sur la scène internationale. Mais certains sujets sont loin d'être tranchés, comme la coopération permanente structurée en matière de défense, où Paris pousse pour la mise sur pied d'opérations lourdes et combattantes alors que d'autres, dont l'Allemagne, veulent permettre au plus grand nombre d'Etats membres d'y participer. Berlin voudrait notamment créer un commandement médical européen capable d'intervenir en cas de crise sanitaire d'ampleur, une lacune criante lors de l'épidémie Ebola en 2014.