La colère des proches de Gilberto Rodrigues

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La colère des proches de Gilberto Rodrigues
A plusieurs reprises, les proches de Gilberto Rodrigues Leal, un retraité rapté en novembre 2012,s'étaient dit inquiets de n'avoir plus aucune preuve de vie de l'otage.@ Capture d'écran
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AMERTUME - Ils dénoncent l'attitude des pouvoirs publics et des médias à l'égard de cet otage français dont un groupe djihadiste a annoncé la mort mardi soir.

Deux otages "oubliés". La famille de l'otage français Gilberto Rodrigues Leal, dont le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) a annoncé la mort mardi, a exprimé mercredi sa colère contre les autorités françaises et les médias qui ont oublié "les deux otages du Mali". "Pendant 8 mois on a parlé que des journalistes en Syrie, on a oublié qu'il y avait deux otages au Mali", a indiqué David Rodrigues Leal, le frère de Gilberto, ajoutant "on est un peu en colère".

Des appels vains.  "Simple retraité, il n'avait peut-être pas autant de valeur que quelqu'un qui travaille pour un grand groupe, ou un journaliste", dit, amer, le frère de Gilberto Rodrigues Leal à Europe 1. A plusieurs reprises, les proches du retraité rapté en novembre 2012, inquiets de n'avoir plus aucune preuve de vie, avaient lancé des appels aux principaux responsables du groupe islamiste notamment par le biais du site mauritanien Sahara médias et de l'agence de presse mauritanienne ANI.

"Plus aucune nouvelle". En décembre, sa soeur Irène Rodrigues avait exprimé ses craintes, évoquant un "silence assourdissant", affirmant ainsi n'avoir "plus aucune nouvelle" depuis le 26 janvier 2013, date à laquelle le Mujao avait annoncé être prêt à négocier la libération de Gilberto Rodrigues Leal. "Nous, ce que nous souhaitons, c'est que Gilberto ne tombe pas dans l'oubli", avait alors dit Mme Rodrigues.

La réponse du gouvernement. Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement, a tenu à répondre à la famille de l'otage mort. "Je comprends la douleur de la famille, des amis, des proches de cet otage", a déclaré Stéphane Le Foll. "Je peux comprendre qu'ils puissent avoir des reproches à faire", a indiqué le porte-parole, "mais je le dis de manière très claire : l'Etat, la France, le président, l'ensemble du gouvernement et en particulier les services du ministère des Affaires étrangères et de la Défense sont totalement et toujours mobilisés pour sortir les otages de la situation dans laquelle ils sont. Tous." Stéphane Le Foll a tenu à préciser que le gouvernement n'a "jamais lâché aucun otage". Mais "on ne réussit pas à chaque fois", s'est-il désolé.

Un autre otage. Il reste un français otage au Mali, Serge Lazarevic, 50 ans, enlevé également au Mali le 24 novembre 2011 en compagnie de Philippe Verdon, qui lui a été retrouvé mort d'une balle dans la tête en juillet 2013. Son enlèvement a été revendiqué par Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi), et la famille de ce Franco-Serbe n'a plus de nouvelles depuis une vidéo le montrant quelques mois après le rapt.

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