L'Islande ne rêve plus de de l'Union européenne

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L'Islande ne rêve plus de de l'Union européenne
@ AFP/OLIVIER MORIN
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Reykjavik a retiré sa candidature pour devenir membre de l'Union européenne. Le gouvernement eurosceptique avait promis de mettre un terme au processus d'adhésion.

L'Union européenne ne fait plus rêver l'Islande. Reykjavik a annoncé jeudi avoir retiré sa candidature pour devenir membre de l'Union, deux ans après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement eurosceptique de centre droit qui promettait de mettre un terme au processus lancé en 2009. Le ministre des Affaires étrangères, Gunnar Bragi Sveinsson, a indiqué dans un communiqué avoir fait part de cette décision à la Lettonie, qui préside l'UE et qui en a informé la Commission européenne. "Les intérêts de l'Islande sont mieux servis en dehors de l'Union européenne", a justifié le ministère sur son site internet.

La pêche au centre des dissensions. Un gouvernement de gauche avait déposé la candidature du pays à une époque où une grave crise financière avait ébranlé la confiance des citoyens dans leurs institutions, et suscité l'envie de rejoindre la zone euro au vu de la chute de la valeur de la couronne islandaise. Mais une question est toujours en suspens : comment combler le fossé entre Bruxelles et Reykjavik sur les quotas de pêche, pilier de l'économie insulaire. Ce sujet épineux n'a jamais été abordé lors des négociations entre juin 2011 et janvier 2013.

Dès son accession au pouvoir en avril 2013, le parti de centre droit avait mis un terme aux discussions. Le Parti du progrès (centriste et agrarien) du Premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson est farouchement opposé à l'Union européenne tandis que le Parti de l'indépendance (conservateur, proche des milieux d'affaires), plus divisé, a tenté d'imposer l'idée d'un referendum qui n'aura pas lieu.

Reykjavik veut rester proche de l'UE. L'Islande a dit vouloir maintenir "des relations et une coopération étroites" avec l'UE, avec laquelle le pays est lié via l'Association européenne de libre échange (AELE) et la convention de Schengen qui permet la libre circulation des personnes.