L’austérité, oui, mais pour les autres

  • A
  • A
L’austérité, oui, mais pour les autres
Le Parlement grec a adopté un nouveau budget de rigueur pour 2013.@ REUTERS
Partagez sur :

Dans certains pays, les efforts ne sont pas partagés par tous.

L'Europe se mobilise mercredi contre l'austérité, lors d'une journée marquée par une grève générale en Espagne et au Portugal, deux des pays les plus fragiles de la région où la colère populaire grandit face au chômage et à la précarité. De "lourds sacrifices" et des "efforts", demandés à tous ou presque : en Europe, l’heure est en effet à l’austérité. Dernier exemple en date : l’adoption en Grèce dans la nuit de dimanche à lundi d’un nouveau budget de rigueur par le Parlement. Toute la population va devoir se serrer encore plus la ceinture mais la classe dirigeante traîne des pieds. Dans d’autres pays touchés par la crise, certains rechignent à faire des efforts. Tour d’horizon.

Grece, athènes,

© REUTERS

En Grèce : les juges tiennent à leur salaire. Les juges grecs ne voient pas pourquoi ils devraient accepter une réduction de leurs émoluments. La réduction de près de 27% de leur salaire prévue par le plan de rigueur a été jugée "anticonstitutionnelle" et "illégale" par la Cour suprême grecque. Son argument : le salaire des juges est, selon la Constitution, "proportionnel au salaire des députés". Or, ces derniers, qui font partie des députés les mieux payés d’Europe, ne subissent aucune baisse de salaire dans ce nouveau plan d’austérité.

Quant aux travailleurs parlementaires, ils ont vivement protesté contre les coupes prévues dans leurs salaires, menaçant de claquer la porte en plein débat sur la mesure, rapporte le site GreekReporter.com. Le Parlement a fait machine arrière devant la menace de grève de ces salariés mieux payés que les autres fonctionnaires. Mais pas pour longtemps : une nouvelle loi visant à réduire leurs salaires et leurs avantages devraient être présentée dès la semaine prochaine.

guillermo collarte

© REUTERS

En Espagne : 5.100 euros ne suffisent pas. Avec un salaire minimum à 614 euros par mois et un taux de chômage avoisinant les 25%, l’Espagne est touchée de plein fouet par la crise. Mais l’élu conservateur Guillermo Collarte semble peu concerné par les efforts de ses concitoyens : fin août, il a estimé dans un entretien à La Voz de Galicia que son salaire de 5.100 euros n’était pas suffisant. "Entre les 416 euros qu’ils me donnent en temps que conseiller [municipal], qui ne couvrent aucun de mes frais, les 4.200 euros nets, plus ou moins, que je gagne comme député et les 290 que je reçois comme fonctionnaire de l’Assemblée [de Galice], au total je gagne environ 5.100 euros et j’ai plutôt du mal" à boucler les fins de mois. L’élu, qui siège à l’Assemblée espagnole dans les rangs du Parti populaire (PP), conservateur, a aussitôt été contraint de demander pardon et de préciser qu’il avait parlé "au sens figuré".

>> A lire aussi : 5.100 euros, trop peu pour un élu espagnol

renzo bossi et umberto bossi

© REUTERS

En Italie : fils de et fêtes somptueuses. En pleine période d’austérité, l’histoire de Renzo Bossi, rapportée par L’Express, a choqué l’Italie en avril dernier. Fils de l’ex-chef de la Ligue du Nord Umberto Bossi, ce jeune homme s’est fait élire à l’Assemblée régionale de Lombardie, avec un salaire de 12.000 euros par mois. Sur fond de critiques récurrentes sur le train de vie de la classe politique, le jeune homme, décrit comme peu brillant et accusé d’avoir pioché dans les caisses du parti, a finalement été poussé à la démission.

Fin septembre, ce sont les photos d’une soirée de luxe qui ont scandalisé les Italiens. 2.000 personnes, du champagne coulant à flots et des invités portant toges et tuniques romaines : Carlo De Romanis, 32 ans, membre du gouvernement régional de Rome, voulait fêter son retour en grande pompe après avoir travaillé pendant quelques temps à Bruxelles. Montant de l’addition : 30.000 euros, selon le Telegraph. Les faits se sont produits il y a deux ans mais les photos n’ont été dévoilées qu’en septembre. Et l’intéressé a beau assurer avoir tout payé de sa poche, sa soirée est devenue un symbole du train de vie de la classe politique pour les Italiens, à l’heure où eux doivent faire des sacrifices.