L'aspirine, remède anti-cancer ?

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L'aspirine, remède anti-cancer ?
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Trois nouvelles études britanniques bouleversent la recherche sur le développement du cancer.

Et si le remède miracle contre le cancer était tout simplement l'aspirine ? Selon trois études du professeur Rothwell de l'université Oxford, publiées mercredi dernier par la revue médicale britannique The Lancet et relayée par Le Monde, une prise quotidienne d'une petite dose de ce médicament réduit la mortalité et le risques de métastases.

75 mg d'aspirine

Déjà lors de la précédente étude publiée en décembre 2010, Peter Rothwell, fondateur de l'unité de recherche sur la prévention des accidents vasculaires cérébraux d'Oxford, avait mis en évidence une réduction d'environ 20 % du risque de décès par cancer chez 25.000 participants. Ils ont été traités quotidiennement pendant quatre ans avec une faible dose de 75 mg d'aspirine.  Cette réduction est montée jusqu'à 30 % à 40% après cinq ans de traitement.

La deuxième étude démontre une réduction de 31 % du risque d'adénocarcinome (tumeurs malignes qui se développent à partir d'une glande ou d'une muqueuse) déjà métastasé et de 55% d'apparition ultérieure de métastases. Dans le cas du cancer colorectal, le risque de métastases ultérieures est même réduit des trois-quarts (74%).  Enfin, la troisième étude situe la réduction du risque de cancer colorectal proche de 40%.

"La progression d'un cancer"

Des conclusions scientifiques spectaculaires et surtout novatrices dans la recherche contre le cancer. "Ce qui est nouveau dans ces articles récents, c'est que les faits se manifestent très tôt : dès la cinquième année, ce qui est suffisamment tôt pour que cette équipe se soit dit que ce n'est pas simplement l'initiation d'un cancer qui va être entravée par l'aspirine, mais aussi la progression d'un cancer méconnu chez la personne (…) L'aspirine prévient la dissémination des cellules cancéreuses", explique dans Europe 1 soir David Malka, cancérologue à  l'institut Gustave–Roussy.

>>> L'interview du Dr David Malka et à écouter en cliquant ici (à partir de 15'44'')

Des résultats d'ici 4 à 5 ans

Pour autant, un inconvénient s'est manifesté lors de la prise de ce médicament. L'équipe de Peter Rothwell a en effet constaté que le risque hémorragique augmente au début des essais. Toutefois, il diminue voire disparaît après trois ans de traitement.

Pour les spécialistes, ces conclusions doivent encore être validées par d'autres études. "Il est encore un peu tôt pour espérer" que la consommation d'aspirine se généralise, ajoute David Malka au micro d'Europe 1. "On n'a pas encore une nouvelle ordonnance mais on a relancé comme jamais une piste tout à fait sérieuse." Si de nouvelles études sont lancées, les résultats pourraient apparaître d'ici "quatre à cinq ans".