Kadhafi accuse l’Otan de "crime de guerre"
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L’avocat français du leader libyen, Me Marcel Ceccaldi, a saisi la Cour pénale internationale.

Mouammar Kadhafi a choisi de riposter sur le même terrain. Alors que la Cour pénale internationale (CPI) a délivré un mandat d'arrêt à son encontre pour crimes contre l'humanité, le leader libyen porte lui des accusations de "crimes de guerre" contre l’Otan par la voix de ses avocats français.

"Vous avez des populations civiles qui font l’objet d’attaques intentionnées de la part de l’Otan. Et bien, c’est un crime de guerre", explique Me Marcel Ceccaldi, l'un des avocats français représentant le régime de Kadhafi.

"Est un crime de guerre, le fait d’avoir bombardé volontairement, en particulier le domicile du fils de Mouammar Kadhafi", précise l’avocat en référence à l'attaque en mai de la demeure de Seïf al-Arab. Les frappes avaient la coûté la vie au plus jeune fils du leader libyen ainsi qu'à sa femme et ses trois enfants.

"Je vous renvoie au Statut de Rome : sont responsables des crimes de guerre, les chefs des armées", ajoute Me Ceccaldi en référence à l’article 8 de ce texte définissant les règles de fonctionnement de la Cour pénale internationale. Adopté en 1998, le Statut de Rome décrit "le crime de guerre comme une action dirigée contre la population civile". "L’enquête déterminera qui sont les responsables mais lorsque le domicile du fils de Mouammar Kadhafi est bombardé, ce n’est pas un objectif militaire. Il y avait à l’intérieur de la maison, une famille, des employés", poursuit l’avocat.

"L’enquête déterminera qui sont les responsables" :


Nicolas Sarkozy pourrait être inquiété

"Le pilote qui a appuyé sur le bouton, ce n’est pas lui qui a choisi l’objectif. Les chefs des opérations militaires reçoivent les instructions des chefs de leurs armées, c'est-à-dire le président des Etats-Unis, le Premier ministre anglais et le président de la République française", ajoute Me Ceccaldi.

Nicolas Sarkozy pourrait-il être visé directement par une plainte ? La réponse ne fait aucun doute pour lui. "Dès lors que la chaîne de commandement démontrerait que l’information a été portée à sa connaissance, il pourrait être effectivement poursuivi comme monsieur Cameron et au même titre que monsieur Obama pour crime de guerre", conclut l’avocat.