Juan Carlos à quatre pattes, la sculpture polémique

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Juan Carlos à quatre pattes, la sculpture polémique
@ AFP/LLUIS GENE
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OSÉ - "Not Dressed for Conquering / Haute Couture 04 Transport" est une oeuvre en papier mâché. On y voit l'ancien roi sodomisé par une syndicaliste bolivienne.

Programmée, annulée et finalement ouverte. Une exposition controversée a finalement été présentée au public ce week-end au Musée d'art contemporain de Barcelone. On peut notamment y voir une sculpture de l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos en train d'être sodomisé. Le directeur du musée a fini par revenir sur sa décision polémique d'annuler l'événement artistique.

Une sculpture en papier mâché montre Juan Carlos, souverain d'Espagne pendant 39 ans, nu, à quatre pattes, étant sodomisé par la responsable syndicaliste bolivienne Domitila Barrios, elle-même pénétrée par un berger allemand. Not Dressed for Conquering / Haute Couture 04 Transport avait déjà été présentée au public en décembre lors de la biennale d'art de Sao Paulo au Brésil. Sa créatrice, l'Autrichienne Ines Doujak, avait alors expliqué qu'elle "joue avec les relations de pouvoir et les subvertit". 

Acculé. Après avoir appris qu'elle figurait parmi les œuvres composant l'exposition organisée en partenariat avec une fondation allemande, le directeur du musée de Barcelone avait demandé aux commissaires qu'ils retirent "cette image très sensible". Ces derniers ont refusé, préférant voir l'exposition entièrement annulée. Bartomeo Mari les a alors pris au pied de la lettre avant de changer de position : "Les avis venus de nombreux et divers secteurs de la société, depuis le monde de l'art et de la culture jusqu'à la politique et les médias, ainsi que ceux des professionnels internationaux du monde de l'art m'ont fait revenir sur ma première décision de ne pas inaugurer" l'exposition, a-t-il expliqué samedi dans une lettre ouverte.

"Je n'ai jamais vu mon geste comme un geste de censure", assure Bartomeu Mari dans sa lettre. "Je l'ai perçu comme un désaccord sur la présence d'une oeuvre concrète et les conséquences de ses possibles lectures", ajoute-t-il, présentant ses "sincères excuses" et offrant sa démission au musée, qui ne s'était toujours pas prononcé sur ce point dimanche. Baptisée La bête et le souverain, l'exposition a été ouverte samedi au public.