Journalistes tués en direct : Vester Flanagan voulait faire plus de victimes

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Journalistes tués en direct : Vester Flanagan voulait faire plus de victimes
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Les autorités ont retrouvé de nombreuses munitions dans la voiture du tueur, ainsi qu'une étrange liste de "choses à faire".

Quels étaient vraiment les projets de Bryce Williams alias Vester Lee Flanagan ? L'homme qui a tué deux journalistes américains en direct à la télévision mercredi avait l'intention de commettre d'autres actes de violence avant de mettre fin à ses jours. C'est ce qu'a indiqué vendredi le gouverneur de Virginie. Terry McAuliffe a visité les studios de la chaîne locale WDBJ-7 à Roanoke deux jours après le meurtre d'Alison Parker, 24 ans, et d'Adam Ward, 27 ans, abattus par Vester Flanagan, 41 ans.

"Il disposait de beaucoup de munitions". Vester Flanagan, un ancien journaliste de WDBJ-7 qui avait été renvoyé en février 2013, s'est suicidé quelques heures après le double homicide, après avoir été rattrapé par la police sur une autoroute en direction de la capitale fédérale Washington. "Nous avons appris aujourd'hui que cet individu disposait de beaucoup de munitions et qu'il avait l'intention de faire du mal à un grand nombre de personnes, selon nous", a révélé le gouverneur. "Nous ne pouvons clairement pas entrer dans son esprit pour découvrir ce qu'il comptait faire mais, de toute évidence, il avait de mauvaises intentions", a-t-il ajouté.

Flanagan a utilisé un pistolet Glock acheté légalement pour tuer les deux journalistes et blesser Vicki Gardner, qu'ils étaient en train d'interviewer. Les policiers ont retrouvé dans son véhicule accidenté un Glock chargé ainsi que six chargeurs, une liste de choses à faire dont le détails n'a pas été divulgué et 17 lettres timbrées, selon un compte-rendu de perquisition publié tard jeudi soir par la police de l'Etat de Virginie. Ils ont également découvert une valise contenant trois plaques d'immatriculation, une perruque et un châle.

"Eh oui, je suis complètement taré dans ma tête". Vester Flanagan a pris soin de mettre en scène son acte en postant de brèves explications sur ses comptes Twitter et Facebook, puis deux vidéos de la fusillade filmées par ses soins. Quelques heures après la fusillade, l'homme a adressé un courrier de 23 pages à la chaîne ABC News. Dans ce long texte composé d'une "Lettre de suicide à l'intention de (s)es amis et de (s)a famille" et d'un "adieux au destiné aux autorités", le journaliste déchu explique avoir été transformé "en baril de poudre" par les brimades dont il a fait l'objet au sein de WDBJ-7 et tout au long de sa vie. Se présentant comme noir et gay le tireur dit avoir subi des agressions sexuelles, un harcèlement permanent et de "méchantes remarques racistes" de ses collègues de la chaîne.

 Il explique enfin que la tuerie dans une église de la communauté afro-américaine à Charleston a agi comme un détonateur. "La fusillade de Charleston s’est déroulée le 17 juin 2015, j’ai déposé un acompte pour acheter un pistolet le 19. C’est vraiment ce meurtre dans l’église de Charleston qui m’a poussé à aller si loin", explique-t-il. Plus loin, l'homme réitère ses accusations à l'encontre d'Adam Ward, le caméraman décédé dans la fusillade. Un collègue qui "s’était plaint à la DRH", entraînant, selon le tueur, son renvoi. “Eh oui, je suis complètement taré dans ma tête", confie enfin Flanagan après avoir déclaré son admiration pour les auteurs des tueries de masse de Columbine et de Virginia Tech.

 Le débat sur le contrôle des armes à feu relancé. Vendredi, le gouverneur Terry McAuliffe lui-même détenteur d'armes à feu pour la chasse, a soutenu un élargissement de "bon sens" des vérifications d'antécédents pour les achats d'armes. Pour l'heure, elles sont obligatoires pour les achats effectués dans les magasins sous licence, mais pas pour les foires, ventes privées et transactions sur Internet. "Si vous allez à une foire aux armes, il y a de grandes pancartes dans certains étals disant: 'venez acheter votre arme ici, nous ne vérifions pas les antécédents'", a relevé le gouverneur.

Le président américain Barack Obama avait tenté de pousser vers un durcissement de la législation après le massacre de 20 enfants dans l'école élémentaire Sandy Hook à Newtown, dans le Connecticut, en décembre 2012. Mais sans succès. Il a avoué le mois dernier que son échec sur ce sujet restait la plus grande frustration de ses deux mandats.