Jean-Marc Ayrault : "La bataille de Mossoul va être longue"

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Invité du Club de la presse jeudi, le ministre des Affaires étrangères a fait le point sur les conflits au Moyen-Orient dans lesquels la France est engagée.

INTERVIEW

"Nous faisons la guerre. Cibler des chefs d’organisation terroriste, ça fait partie des combats", a estimé le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, jeudi, sur Europe 1. Selon le journal Le Monde, au moins huit djihadistes français, presque tous suspectés d'être impliqués dans des opérations extérieures du groupe État islamique, ont été tués lors d’exécutions ciblées en Syrie. Ces exécutions ont été autorisées par François Hollande, expliquent les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet, qui racontent comment, lors d'un conseil restreint de défense, il a été recommandé au chef de l'État de frapper les camps d'entraînement des djihadistes.

"Nous ne faisons rien d’autre que de défendre notre sécurité. Qu’il y ait des Français parmi eux, ça ne change rien. Ce sont des combattants contre nous", a insisté jeudi le ministre des Affaires étrangères, invité du Club de la presse sur Europe 1. "Les opérations ciblées sont des opérations militaires parmi d’autres."

"Raqqa, ce sera la prochaine étape". Impliquée dans la reconquête de Mossoul, en Irak, et de Raqqa, en Syrie, la France continue de lutter contre l’État islamique sur plusieurs terrains. Depuis l’Irak, François Hollande a annoncé lundi que la bataille de Mossoul pourrait s'achever "avant l'été". "La bataille de Mossoul va être longue, notamment la reconquête de Mossoul-ouest", considère pour sa part Jean-Marc Ayrault. "Raqqa, ce sera la prochaine étape", livre l’ancien Premier ministre, qui voit déjà plus loin.

Entendu sur Europe 1
L’Allemagne ne bombarde pas dans le cadre de la coalition. Et pourtant, l’Allemagne a été touchée

Préparer la paix. "Quand on gagne une bataille militaire, si on n’a pas préparé la réponse politique, on n’a pas gagné la paix. C’est ça, le défi. En Syrie par exemple, les Russes pensent avoir gagné la 'bataille' d’Alep. En réalité, tout est à faire", lance Jean-Marc Ayrault. Ces interventions extérieures sont en tout cas nécessaires, selon lui. "J’entends souvent des propos trop simplistes : ‘si on n’intervenait pas au Mali ou en Syrie dans le cadre de la coalition, on ne serait pas menacés’. Mais qu’est-ce qui s’est passé à Berlin au moment des fêtes de Noël ? L’Allemagne ne bombarde pas dans le cadre de la coalition. Et pourtant, l’Allemagne a été touchée", conclut le ministre des Affaires étrangères, en référence à l'attentat au camion-bélier qui a fait douze morts et environ 50 blessés, le 19 décembre dernier.