Italie : Matteo Renzi obtient la confiance du Sénat

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Italie : Matteo Renzi obtient la confiance du Sénat
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POLITIQUE - Le chef du gouvernement invite l'Italie à "un changement radical et immédiat".

L'INFO. Incisif et plein d'énergie, le Premier ministre Matteo Renzi, a invité l'Italie à un "changement radical et immédiat" lundi devant les sénateurs. Ces derniers lui ont accordé, dans la nuit, la confiance, dans un discours pro-européen où il n'est guère entré dans le détail de son programme.

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© Reuters


Un jeune provocateur. Le gouvernement a obtenu le "oui" de 169 sénateurs tandis que 139 ont voté contre. "L'avenir de l'Italie n'est pas de pleurer du matin au soir, ou d'être la lanterne rouge de l'Europe", "l'Italie veut devenir un lieu d'opportunités", avait lancé le fougueux président du Conseil dans un discours d'une heure, en grande partie improvisé. Volontiers provocateur, l'ex-maire de Florence, 39 ans, a rappelé qu'il n'avait pas l'âge requis pour siéger au Sénat (40 ans) et que l'abolition de cette Chambre sous sa forme actuelle figurait en bonne place dans son programme.

"J'espère être le dernier Premier ministre à réclamer la confiance du Sénat", a-t-il même lancé. A contre-courant du sentiment anti-européen qui croît dans la péninsule, Matteo Renzi s'est livré à un vibrant plaidoyer pour l'Union européenne, dont l'Italie assurera la présidence tournante semestrielle à compter du 1er juillet.

Un projet européen. "La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l'Italie ainsi que sa certitude d'avoir un avenir", a-t-il dit. "Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre", a-t-il poursuivi en évoquant la gigantesque dette du pays, plus de 130% du PIB. "Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous", a-t-il lancé, alors que le pays sort timidement de la récession.

Rien de très concret. Rappelant les grandes réformes qu'il avait annoncées la semaine dernière - loi électorale, travail, administration publique, fisc, réforme de la justice -, Matteo Renzi n'a guère dévoilé de mesures concrètes. A l'exception du remboursement "intégral et immédiat" des dettes de l'administration publique envers les entreprises privées. Ces dettes d'un montant de plusieurs dizaines de milliards d'euros pénalisent fortement le tissu des petites et moyennes entreprises (PME) italiennes.

Autre nouveauté annoncée, l'envoi de déclarations d'impôts pré-remplies aux salariés de la fonction publique. Il a aussi promis "une réduction à deux chiffres" de la pression fiscale "avec des mesures sérieuses, irréversibles", non détaillées, mais assurant "des résultats immédiats dès 2014" et il a plaidé avec force pour attirer les investissements étrangers en Italie.

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© Reuters

"100 milliards d'euros à trouver". Selon Giorgio Merletti, président de la confédération syndicale des artisans, Confartigianato Imprese, ces promesses représentent environ "100 milliards d'euros à trouver immédiatement". La bourse a toutefois bien accueilli le discours de Matteo Renzi, gagnant 0,42% à la clôture. Comme son prédécesseur, Enrico Letta, qu'il a écarté grâce à un coup de force au sein de leur Parti démocrate (PD), Matteo Renzi s'appuie sur une coalition gauche-droite : le PD, première force de centre gauche, le Nouveau Centre droit (NCD) d'Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur et ex-allié de Silvio Berlusconi, et "Scelta Civica", le parti centriste de Mario Monti. Au Sénat, Matteo Renzi peut compter sur une majorité faible mais a priori suffisante. A la Chambre des députés, où le vote interviendra mardi soir, pas de suspense, le PD étant largement majoritaire.

16 ministres, dont deux tiers de nouveaux. Pour mener ses réformes, Matteo Renzi va s'appuyer sur son ministre de l'Economie, Pier Carlo Padoan, ex-chef économiste de l'OCDE. Fort de 16 ministres, dont les deux tiers sont nouveaux, le nouvel exécutif paraît moderne et jeune, mais beaucoup sont néophytes et connaissent mal les dossiers techniques. Matteo Renzi s'expose en première ligne et l'a d'ailleurs reconnu, en concluant devant les sénateurs: "Le temps du courage est venu. Si nous perdons ce défi, ce sera ma faute, nous ne chercherons pas d'alibi".

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