Italie : des élections sans net vainqueur

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Italie : des élections sans net vainqueur
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Les résultats ne sont pas officiels, mais un haut responsable prévient déjà qu'il faudra revoter.

L'ACTU. Quelque 47 millions d'Italiens étaient appelés aux urnes depuis dimanche et lundi pour les élections générales pour la Chambre des députés et le Sénat. Un scrutin très serré qui met l'Italie dans une impasse, avec une Chambre de députés à gauche et un Sénat sans majorité. De quoi faire dire au leader de la gauche, Pier Luigi Bersani, que "le pays affronte une situation très délicate".

A la Chambre, Bersani en tête. A la Chambre, la coalition de gauche emmenée par le chef du Parti démocrate (PD) Pier Luigi Bersani remporte la majorité des sièges, avec 29,55% des voix, contre 29,18% pour la coalition de Berlusconi. Mais le système électoral italien permet à la gauche d'empocher 340 des 630 sièges, même avec ce faible écart.

>> A lire aussi : Bersani, c'est l'anti-Berlusconi

Au Sénat, la gauche légèrement en tête, mais... Au Sénat, la gauche serait également en tête avec 32,35% contre 29,9% pour la droite berlusconienne sur la base des deux tiers des bulletins dépouillés, inversant une tendance donnée précédemment par des projections d'instituts de sondage qui voyaient la droite aux premières loges. Mais une victoire en voix ne se traduit pas automatiquement par la majorité de sièges (la majorité absolue est de 158 sièges), car le système électoral du Sénat, complexe, accorde une prime majoritaire au niveau de chaque région. Par exemple, les résultats de la Lombardie, région la plus riche et la plus peuplée, pèseront très lourd dans la balance.

Le spectre du nouveau vote. "Le scénario qui se dessine à partir des projections dont nous disposons pour l'instant laisse penser qu'il n'y aura pas de gouvernement stable et que nous devrons revoter", en a déjà conclu Stefano Fassina, porte-parole du Parti démocrate pour les questions économiques. Une solution pourrait venir d'une alliance entre le centre gauche et Mario Monti, mais tout dépendra du nombre des sièges que ce dernier obtiendra au Sénat où sa liste tournerait autour de 9%.

beppe grillo 930

© Reuters

La victoire d'un comique. Une chose est sûre en revanche : le parti du comique devenu homme politique Beppe Grillo, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S), apparaît comme le vrai vainqueur du scrutin. Le M5S pourrait faire jeu égal dans les deux chambres avec le Parti démocrate, principal mouvement de la gauche italienne. Après avoir voté lundi matin, Beppe Grillo avait lancé à la foule des journalistes : "l'histoire va changer un peu, on verra comment". Catalyseur du malaise social dans un pays en pleine récession économique, il a séduit au-delà des clivages droite-gauche avec un programme jugé "populiste" par ses adversaires : fin du financement public des partis politiques, coupes sombres dans le nombre d'élus, revenu minimum de 1.000 euros et référendum sur l'euro.