Inde : des hommages à l'étudiante tuée

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Inde : des hommages à l'étudiante tuée
Des Indiens ont manifesté samedi à New Delhi.@ Reuters
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Elle avait été victime d'un viol collectif dans un bus à New Delhi. Le pays est sous le choc.

>> L'info. Son histoire avait ému tout le pays. L'étudiante indienne, victime d'un viol collectif à New Delhi, est morte dans la nuit de vendredi à samedi, a annoncé l'hôpital de Singapour où la elle luttait contre la mort depuis deux jours.

manifestations en Inde après un viol collectif

© REUTERS

• Le pays horrifié. L'annonce de ce décès a horrifié le pays. Dans un communiqué, le Premier ministre indien Manmohan Singh s'est dit "profondément attristé" par la nouvelle du décès de la jeune femme, dont le corps doit être rapatrié samedi soir en Inde, selon l'ambassadeur indien à Singapour. Le Premier ministre a reconnu que les violences contre les femmes étaient "un problème" significatif en Inde où près de 90% des 256.329 crimes violents enregistrés en 2011 ont une ou des femmes pour victime(s), selon les chiffres officiels.

>>> A lire : Le viol qui met l'Inde en ébullition

Manmohan Singh s'est engagé à mieux protéger les femmes contre les crimes sexuels et a souhaité des peines plus sévères pour leurs auteurs. Il a également ordonné la création d'une commission d'enquête spécialement chargée de cette affaire. Il a également ordonné la création d'une commission d'enquête spécialement chargée de cette affaire. Les photos, noms et adresses des violeurs condamnés seront désormais publiés sur des sites internet de l'administration fédérale. Par ailleurs, davantage de femmes officiers seront recrutées par la police de Delhi.

• Qui est la victime ? La jeune femme, dont l'identité n'a jamais été révélée, était une étudiante en kinésithérapie d'origine modeste, venant d'une région rurale de l'Uttar Pradesh, le plus grand Etat de l'Inde situé près de New Dehli. Ses parents, venus la rejoindre à Singapour après son évacuation par vol sanitaire jeudi soir, avaient vendu leur petit lopin de terre pour financer ses études, selon la télévision NDTV. Ces gens décrits comme des "paysans simples" devaient souvent se contenter de très peu pour se nourrir, précise la même chaîne.

Les femmes sont les premières victimes de violences en Inde.

© REUTERS

• Un passage à tabac. Le 16 décembre, après avoir vu au cinéma "L'odyssée de Pi", la jeune Indienne et son ami étaient montés dans un bus aux vitres teintées pour rentrer chez eux. Mais là les attendait un cauchemar : une explosion de violences et des viols barbares commis par six hommes ivres.

Avant son transfert à l'hôpital de Singapour, la jeune femme avait pu renseigner la police indienne sur ce qui s'était passé: les six hommes ivres s'étaient disputés avec son ami, puis avaient emmené la jeune femme au fond du bus et l'avaient violée tandis que le bus circulait pendant 45 minutes dans New Dehli. Ils l'avaient aussi agressée sexuellement avec une barre de fer rouillée, lui causant de graves blessures aux intestins, avant de la jeter pour morte hors du bus. Le bus avait rencontré de nombreux points de contrôle de police pendant cette équipée, mais à aucun moment les policiers ne s'étaient inquiétés de ce qui se passait à l'intérieur du véhicule.

• Des quartiers de New Delhi bouclés. Samedi matin, la population a commencé à sortir dans les rues en Inde pour pleurer la mort de l'étudiante. "Le viol de la jeune femme et le traumatisme qu'elle a vécu ne sont pas nouveaux et cela est arrivé dans le passé mais cette affaire a fait sauter le couvercle de la marmite", a confié Anjali Raval, femme au foyer de 35 ans, lors d'un rassemblement.

La police de New Delhi a appelé la population au calme et a bouclé plusieurs quartiers du centre-ville. Dans un communiqué publié samedi matin, le commissaire de police Neeraj Kumar a réclamé le maintien de l'ordre dans la ville et a annoncé le bouclage de la zone entourant le monument de l'India Gate et de 10 stations de métro.

delhi bandeau

© Reuters

Le chef du gouvernement local de New Delhi Sheila Dikshit a également lancé un appel au calme et assuré que "très bientôt, des décisions solides seraient prises" pour protéger les femmes dans la capitale indienne.

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