"Ici, c'est l'Espagne" : la "majorité silencieuse" répond aux indépendantistes catalans

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Pour les organisateurs, près d'un million de personnes ont investi les rues de Barcelone, dimanche. La police municipale avance de son côté le nombre de 350.000 manifestants.

REPORTAGE

C'est l'image du jour. La démonstration de force des opposants à l'indépendance de Catalogne qui se sont fait entendre dimanche. Car c'est bien la marée humaine que les organisateurs attendaient, dimanche dans la capitale de la Catalogne. Une foule aux couleurs du drapeau espagnol, qui a paralysé, dès le milieu de la matinée, les grandes avenues de Barcelone. Ils chantent : "Viva Espana" ; "Ici, c'est l'Espagne." Voici la réponse au vote de dimanche dernier, la réponse de ceux qui s'étaient tus jusque-là, laissant la place aux indépendantistes. Europe 1 a suivi le cortège. 

Pour les organisateurs, près d'un million de personnes ont défilé dimanche. La police municipale avance le nombre de 350.000 personnes. Tous sont enroulés dans les couleurs rouge et or du royaume, et des drapeaux espagnols sont accolés au drapeau catalan mais sans l’étoile indépendantiste que l’on voyait partout jusqu’alors. Des bannières européennes, aussi, pour un appel à l’unité.

"Nous aussi, notre voix compte". Et surtout un cri de colère un cri longtemps resté silencieux qu'une retraitée avait besoin d'exprimer. "Les fascistes ce sont eux et ils ne peuvent pas réduire pas un peuple au silence comme si un seul camp avait voix au chapitre", lâche-t-elle. "Nous aussi notre voix compte et heureusement nous sommes plus nombreux qu’eux et aujourd'hui ça se voit, "commente-t-elle. "De Madrid, de Valence de Saragosse, de partout, beaucoup de gens sont venus".

Entendu sur Europe 1
"Ce que les indépendantistes ont fait est illégal, je veux qu'ils se fassent arrêter comme n'importe quel délinquant !"

Une affluence à laquelle les organisateurs ne s'attendaient pas. Des bus sont arrivés de tout le pays et certains organisateurs ont été débordés : personne ne s’attendait à une telle affluence. Dimanche, il y avait dans la foule des personnes âgées qui racontaient manifester pour la première fois de leur vie, des familles avec des enfants, des entrepreneurs inquiets ou des étudiants comme Oscar. "Je pense que la nation espagnole est unie", explique-t-il. "Il y a beaucoup de gens qui ont vu toutes les manifestations sans jamais rien dire et aujourd'hui c’est enfin le moment de nous exprimer".



La séance du Parlement catalan de mardi, attendue avec anxiété. Le slogan le plus scandé aujourd’hui : "Puigdemont en prison !". Anna, comme beaucoup d’autres, compte sur la fermeté du gouvernement espagnol : "Ce qu’ils ont fait est illégal ! je veux qu’ils se fassent arrêter comme n’importe quel délinquant parce-que Puigdemont est un délinquant". La police nationale, très critiquée depuis les violences de dimanche dernier, a été acclamée. Beaucoup d’Espagnols rencontrés par Europe 1 sont extrêmement inquiets et peu croient encore au dialogue. Ils attendent avec beaucoup d’anxiété la séance du Parlement catalan qui doit se tenir mardi.