Haro sur le commandant du Concordia

  • A
  • A
Haro sur le commandant du Concordia
@ Reuters
Partagez sur :

Le personnel du paquebot et le patron de la compagnie le pointent aujourd’hui du doigt.

Les nuages s'amoncellent au-dessus du commandant Francesco Schettino qui tenait la barre du paquebot Costa Concordia avant son naufrage vendredi au large de l'Italie. Les membres d’équipages ont mis en cause son attitude, et le PDG de la compagnie Costa Croisières a lui regretté "un facteur humain impondérable".

"Les ordres sont arrivés beaucoup trop tard"

Selon les membres d'équipage, le commandant du Costa Concordia a "mis une demi-heure avant d'identifier le problème et une autre demi-heure avant de donner l'ordre d'évacuer le navire". "Le capitaine était en train de dîner au moment de l'accident", explique Felipe, qui était aux cuisines quand le bateau a percuté un rocher à proximité de l'île du Giglio. "Il est revenu à la barre pour prendre les commandes, mais je pense qu'il a mis trop de temps", ajoute-t-il au micro d'Europe 1.

"Les ordres sont arrivés beaucoup trop tard, parce qu'il faut du temps pour préparer les canots de survie, les descendre du bateau et les mettre en route", précise-t-il.

"Le capitaine a abandonné son navire"

"Après, on s'est débrouillé sans le capitaine pour ramener les passagers à terre. Et on est revenu encore et encore pour en chercher d'autres", ajoute Felipe au micro d'Europe 1. "C'est incompréhensible ce qu'il s'est passé. Le capitaine a abandonné son navire". Francesco Schettino, le commandant du navire, est en détention depuis vendredi pour homicides multiples et abandon du navire.

Malgré ses dix ans d'expérience au sein des croisières Costa, ce membre d'équipage ne veut plus remonter sur un bateau. Il attend maintenant, comme les passagers, de savoir ce qui s'est exactement passé.  Le naufrage a causé la mort de six personnes. 14 autres, dont quatre Français, sont toujours portées disparues.

"Le facteur humain est impondérable", selon le PDG

Le patron de Costa Croisières s’est lui exprimé lundi pour la première fois depuis la catastrophe. Elle résulte selon lui "d'un fait exceptionnel, imprévisible". "Le facteur humain est impondérable" a-t-il souligné en référence au commandant dont il s'est officiellement "dissocié".

Visiblement très ému, Pier Luigi Foschi, qui semblait parfois retenir ses larmes avec peine, a par ailleurs rendu un hommage appuyé aux membres d'équipage ont  réussi à évacuer "plus de 4.000 personnes en deux heures".  Et le PDG de Costa Croisière d’ajouter :"ils se sont tous comportés en héros".