Haïti : le choléra fait plus de 200 morts

  • A
  • A
Haïti : le choléra fait plus de 200 morts
@ REUTERS
Partagez sur :

De nombreux cas de choléra ont été détectés. 3.000 personnes sont hospitalisées, les décès se multiplient.

Une épidémie de choléra, qui s'est déclarée depuis quelques jours en Haïti, est en train de faire des ravages. Samedi, le directeur général du ministère de la Santé publique, Gabriel Thimoté, mentionnait ainsi 208 décès dus à l'épidémie. 194 ont été enregistrés rien que dans le département de l'Artibonite, au nord du pays, et 14 dans le centre.

De leur côté, les autorités sanitaires faisaient état de 3.000 personnes hospitalisées dans des hôpitaux et des centres de santé. Ces derniers sont souvent dépassés par la situation faute de moyens suffisants.

Les ONG inquiètes

Bien que la capitale Port-au-Prince soit moindrement touchée, les ONG sont sur le qui-vive pour empêcher que l'épidémie ne s'y propage, dans les immenses "camps de toile" où s'entassent des milliers de personnes déplacées par le tremblement de terre.

"La situation est sous contrôle, la population ne doit pas céder à la panique, il faut au contraire respecter les mesures d'hygiène", a recommandé le docteur Jocelyne Pierre-Louis, fonctionnaire du ministère de la santé, au cours d'une conférence de presse.

Une maladie disparue depuis 100 ans en Haïti

Reste que la situation inquiète les experts de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : "Haïti n'avait pas connu le choléra depuis au moins 100 ans. La population est affaiblie et la situation est grave", a souligné vendredi le docteur Claire-Lise Chaignat, responsable du groupe spécial sur la lutte anticholérique au sein de l'organisation.

En cause : le séisme de janvier

La propagation du choléra est favorisée par les mouvements de populations, les défaillances ou l'absence de réseaux sanitaires (eau potable, égouts, latrines), d'hygiène (des mains et au niveau alimentaire) et de soins. De telles conditions surviennent souvent après les catastrophes naturelles. C'est sans doute ce qui explique l'épidémie de choléra en train de se propager en Haïti, frappé le 12 janvier dernier par un violent séisme qui a jeté des dizaines de milliers de sans-abri dans des camps de fortune.

Après une incubation courte, de deux à cinq jours, la maladie débute brutalement par de violentes diarrhées vidant littéralement l'organisme de son eau. En l'absence de soins immédiats basés d'abord sur une réhydratation, cette déperdition gravissime de liquides - un malade peut perdre 10% de son poids en quatre heures - est souvent mortelle.