Grève générale à Mayotte : "La promesse était d'être un département comme les autres"

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François Vergès, spécialiste de l'Outre-Mer, a analysé la grève générale et les heurts qui touchent Mayotte depuis deux semaines, jeudi, dans la Matinale d'Europe 1.

"Le point de départ, ce sont les problèmes sociaux", a estimé Françoise Vergès, politologue et spécialiste de l'Outre-Mer, invitée d'Europe 1, jeudi. Depuis le 30 mars, l'île de Mayotte, département français depuis 2011, est complètement bloquée par une grève générale. Les routes sont bloquées, les enfants ne peuvent plus aller à l'école, et des heurts éclatent en marge de ces blocages.

Un RSA deux fois moins élevé qu'en métropole. Françoise Vergès pointe un certain nombre d'inégalités, qui avaient déjà causé des blocages en 2011. "La plupart des postes de décision sont occupés par des fonctionnaires métropolitains, qui bénéficient de privilèges et de salaires plus élevés", explique la spécialiste. A Mayotte, où 60% de la population est âgée de moins de 20 ans, seuls 13% des jeunes ont un emploi. "Le code du travail ne s'applique pas. Et le RSA est beaucoup plus bas qu'en France, c'est 262 euros, contre à peu près 524 en métropole", poursuit Françoise Vergès.

Un rattrapage trop lent. Construction d'écoles, lutte contre l'insécurité, alignement des prestations sociales… Pour Françoise Vergès, le changement en faveur d'une égalité réelle entre Mayotte et la métropole ne va pas assez vite. "La promesse était quand même d'être un département comme les autres", explique-t-elle.