Google is watching you

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@ REUTERS
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Dénoncés de toutes parts, les nouveaux paramètres de confidentialité sont en vigueur.

La pression n'a pas fait céder Google. Comme prévu, la firme californienne a mis en œuvre jeudi ses nouveaux paramètres de confidentialité, qui créent un profil unique d'utilisateur pour ses différents services tels que Gmail, Youtube, Android etc.

> Découvrez la journée type d'un internaute avec Google "nouvelle version" en cliquant ici.

Cette entrée en vigueur a été confirmée à 00h01 sur le blog de Google par sa directrice de la protection de la vie privée. "Bien que nous ayons mis en oeuvre la plus importante campagne d'information de notre histoire en direction de nos utilisateurs pour expliquer ces changements, nous savons qu'ils ont suscité beaucoup de bruit et de confusion", écrit Alma Whitten, en assurant que "cette nouvelle politique ne change en rien les réglages de protection de la vie privée préexistants ou la manière dont nous partageons des données personnelles en dehors du groupe".

Enquête de la Cnil

Ces propos rassurants interviennent après que plusieurs acteurs, des associations de consommateurs aux institutions veillant à la vie privée des internautes, ont exprimé leurs inquiétudes face à cette nouvelle politique.

Côté européen, la Cnil française, mandatée par ses homologues européennes, a fait savoir, après une enquête préliminaire, que les nouveaux paramètres ne respectaient pas les exigences de la loi européenne en matière de protection des données des internautes. Elle a donc demandé à Google de repousser leur entrée en vigueur. Sans succès. L'institution testera donc la nouvelle politique de vie privée "in situ".

L'objectif pour Google : "vendre plus de publicité"

Aux Etats-Unis, des associations de consommateurs ont également exprimé leur vive désapprobation face à  ces changements, qui permettent au groupe de collecter et combiner des données sur les utilisateurs connectés via un compte à l'un des nombreux services du groupe.

"Appeler cela 'une politique de confidentialité' est du double langage orwellien", s'est ainsi insurgé John Simpson, du groupe américain de défense des consommateurs Consumer Watchdog, en référence à l'auteur de 1984. "Google ne vous dit pas qu'il va protéger votre intimité. Il vous explique comment il va rassembler des informations sur vous à partir de tous ses services, combiner tout cela et utiliser ce gros dossier numérique pour vendre plus de publicité", dénonce-t-il.

Une inquiétude qui rassemble de nombreux acteurs

Autre opposition significative, celle du groupement d'associations de consommateurs européens et américains, le Trans-Atlantic Consumer Dialogue (TACD). Dans un courrier adressé mercredi à la firme californienne, il écrit que "cette refonte a été très largement critiquée par les élus et les procureurs américains, les élus européens, les responsables européens des questions de défense de la vie privée, des experts en questions techniques et des organisations de défense des consommateurs".