G7 : "Ce n'est pas Trump, mais l'Europe qui est isolée", selon Jacques Attali

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Pour Jacques Attali, "l'isolement des États-Unis ne dure jamais sur la scène internationale" car les autres pays "finissent toujours par se coucher".

INTERVIEW

Le G7 de ce week-end au Canada va-t-il être aussi conflictuel qu'attendu ? Sur fond de guerre commerciale initiée par les États-Unis, les dirigeants de sept des pays les plus puissants du monde se rencontrent à Ottawa, jusqu'à dimanche, dans une ambiance tendue. 

"L'isolement ne dure jamais". Avant ce sommet, les Européens (l'Italien Giuseppe Conte, l'Allemande Angela Merkel, la Britannique Theresa May et le Français Emmanuel Macron) ont décidé de se réunir pour afficher leur unité face aux décisions du président américain, de facto esseulé sur la scène internationale. Mais pour Jacques Attali, ancien conseiller diplomatique de François Mitterrand et interrogé par Laurent Bazin dans Europe Soir, "le président américain est isolé mais l'isolement ne dure jamais, car les Japonais, les Canadiens et les Allemands finissent toujours par se coucher, tandis que les Italiens et les Anglais sont les premiers à le faire". Il ne resterait alors que les Français…

Les quinze prochaines années, ce seront les années du dépeçage de l'Europe, sauf si nous nous unissons

L'idée même de vouloir isoler la plus grande puissance mondiale "est illusoire", selon le président de la fondation Positive Planet. En réalité, "c'est l'Europe qui est isolée". Seul espoir pour éviter un renversement de la situation actuelle et, in fine, un isolement de la France : "Que ceux qui se rallient parmi les Européens prennent conscience que leur ralliement aux Américains est illusoire car les Américains ne sont déjà plus là", référence à la volonté de Donald Trump de désengager son pays des affaires du monde depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2017.

L'Europe, "une proie". Pour Jacques Attali, l'enjeu dépasse ce sommet canadien. "Les quinze prochaines années, ce seront les années du dépeçage de l'Europe, sauf si nous nous unissons", prévient l'ancien "sherpa" diplomatique. "Les États-Unis ne sont plus une véritable démocratie, la Russie et la Chine ne le sont pas non plus et nous, Européens, sommes démocratiques, riches et vulnérables, donc nous sommes une proie. Allons-nous nous laisser dépecer séparément ou allons-nous réagir ?"