"Forces spéciales" en Syrie : de quoi parle-t-on ?

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"Forces spéciales" en Syrie : de quoi parle-t-on ?
Les membres des forces spéciales sont issus de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine (photo d'illustration). @ AFP/MEHDI FEDOUACH
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Invitée d'Europe 1, vendredi matin, la ministre des Armées Sylvie Goulard a reconnu la présence de ces opérateurs discrets, mais pas clandestins, en charge d'"opérations ponctuelles" sur le sol syrien.

"Nous avons des forces spéciales, qui font des opérations ponctuelles." La réponse de Sylvie Goulard, ministre des Armées, invitée d'Europe 1, vendredi matin, est une première : jamais un membre du gouvernement n'avait reconnu la présence, sur le sol syrien, des "forces spéciales" françaises. Europe1.fr fait le point sur ces troupes spécialement sélectionnées et entraînées, en charge de missions stratégiques.

  • Que désigne le terme de "forces spéciales" ?

Il s'agit d'unités formées et entraînées pour intervenir en petit nombre sur des opérations spécifiques, de la recherche de renseignements à la libération d'otages, en passant par l'élimination de chefs ennemis. "Les forces spéciales telles qu'on les connaît aujourd'hui ont été créées en 1992, après l'échec des missions commandos françaises pendant la guerre du Golfe", explique Didier François, journaliste d'Europe 1 spécialiste des questions de Défense. Quelle différence avec des troupes au sol "classiques", comme celles actuellement déployées par la France au Mali ? "Ça n'est pas du tout la même chose. On est sur un déploiement très léger, qui ne fait que du stratégique."

  • Combien d'hommes les composent ?

Les forces spéciales sont composées de 4.000 opérateurs spécialisés et 400 réservistes opérationnels. Deux tiers d'entre eux sont issus de l'armée de terre, notamment du 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (1er RPIMa), du 4ème régiment d'hélicoptères des forces spéciales (4ème RHFS) et du 13ème régiment de dragons parachutistes (13ème DRP). Le troisième tiers est composé de membres de l'armée de l'air et de commandos de la marine, au nombre de six. Ces forces sont coordonnées par le Commandement des Opérations Spéciales (COS), qui dépend directement du chef de l'État-major des Armées.

  • Quelles sont leurs missions ?

"Ce sont toujours ces forces que l'on envoie en premier sur un terrain difficile", explique Didier François. Cela passe par des missions de surveillance et de localisation des cibles potentielles, mais aussi par l'accompagnement des armées étrangères ou la "préparation" du terrain avant une action directe. Lorsque c'est nécessaire, elles interviennent par exemple pour libérer des otages, évacuer des ressortissants ou participer à la "prise" de points décisifs, comme Raqqa actuellement. "Ce sont des opérations discrètes, mais pas secrètes", poursuit notre spécialiste. "Simplement, on ne communique pas forcément dessus pour protéger l'efficacité opérationnelle des troupes."