Face à la Syrie, une riposte millimétrée

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Face à la Syrie, une riposte millimétrée
@ REUTERS
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La pression diplomatique monte contre Damas, quatre jours après le massacre de Houla.

Comme un seul homme, les Occidentaux sont montés sur le front diplomatique, mardi. Chacun leur tour, ils ont annoncé le renvoi de diplomates syriens dans leur pays. Un geste fort qui intervient quatre jours après le massacre de Houla. Plus de 100 civils, dont une cinquantaine d'enfants et une trentaine de femmes, ont été exécuté vendredi par des miliciens à la solde du régime. Europe1.fr revient sur cette riposte planifiée.

Le ballet des expulsions a commencé vers 9 heures avec l'Australie, qui a donné 72 heures aux diplomates syriens pour quitter le pays. François Hollande l'a imité vers midi, suivi par l'Italie, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Espagne et le Canada. Des annonces qui sont intervenues en marge de la rencontre entre Kofi Annan et Bachar al-Assad à Damas, au sujet du plan de paix proposé par le médiateur international.

Fabius veut la saisine de la CPI

Il n'y a pas d'expulsion concertée au niveau de l'Union européenne à ce stade, a indiqué un diplomate européen à Bruxelles. Mais selon un diplomate européen à Paris, la décision a bien fait l'objet d'une concertation au moins entre Paris, Berlin et Londres.

Si un nouveau pallier semble franchi dans les menaces contre le pouvoir syrien, des  limites en nuancent encore les effets. A cause de "l'absence de consensus au Conseil de sécurité de l'ONU du fait des Russes et des Chinois", a détaillé au Monde mardi Laurent Fabius dans sa première interview en tant que ministre des Affaires étrangères. "Il est avéré que la Russie a fourni des armes à la Syrie", a-t-il ajouté se disant favorable "à ce que la Cour pénale internationale soit saisie" du dossier syrien.

La Russie change de ton 

Si la Chine semble toujours camper sur ses positions, la Russie a fait lundi un pas vers les Occidentaux. "Nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons le plan de Kofi Annan" a lancé Serguei Lavrov, sans remettre en cause Bachar al-Assad.

"Pour nous, le plus important n'est pas de se préoccuper de qui est au pouvoir en Syrie, le plus important est de mettre fin à la violence", a-t-il ajouté, avant d'"exiger" qu'une "enquête soit menée sur ce qui s'est produit à Houla".