Excision : 125 millions de femmes touchées

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Excision : 125 millions de femmes touchées
Waris Dirie, Somalienne auteure de plusieurs romans et documentaires sur l'excision, est une des premières femmes à s'être emparée du sujet.@ Maxppp
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UNICEF – L’agence de l’ONU publie un rapport sur l’excision dans le monde, une pratique qui demeure répandue dans de nombreux pays.

L’Egypte, pays numéro un. C’est une pratique ancestrale, gage de virginité et de chasteté chez les jeunes femmes dans de nombreuses cultures. Bien qu’officiellement illégale dans 24 des 29 pays où elle existe, la mutilation génitale reste pratiquée à grande échelle dans le monde entier. A tel point que l’étude menée par l’UNICEF estime que 125 millions de jeunes filles et de femmes subissent cette opération. Les égyptiennes sont les plus nombreuses à avoir passé cette épreuve initiatique (27.2 millions, soit 91% des femmes). Si dans ce pays, une large majorité (77%) des interventions sont pratiquées par des médecins professionnels dans des conditions sanitaires satisfaisantes, le rapport affirme que dans la plupart des autres pays où l’excision est d’usage, elle est l’apanage de médecins traditionnels qui œuvrent dans des conditions parfois dangereuses pour les femmes. Outre la souffrance endurée lors de l’opération, l’OMS pointe du doigt les conséquences sanitaires de l’excision : l’accouchement est beaucoup plus risquée pour les femmes ayant subi l’intervention.

La moitié des filles sont excisées avant leurs 5 ans. Si les égyptiennes sont les plus nombreuses, en proportion de la population, la Somalie (98% des femmes), la Guinée (96%) et Djibouti (93%) passent devant l’Egypte. Les modalités de l’intervention et l’âge auquel les femmes sont soumises à cette épreuve varient largement d’un pays à l’autre. En Mauritanie, l’excision intervient quand elles ne sont que des nourrissons de un mois. Dans la moitié des pays concernés, les filles sont excisées avant l’âge de cinq ans. 

Pression sociale. Quel que soit leur pays d’origine, les femmes interrogées par l’UNICEF expliquent pour la plupart qu’elles se soumettent à cette pratique pour être acceptées dans leur communauté. Là encore, le regard social porté sur l’excision varie d’un pays à l’autre. Au Cameroun par exemple, 85% des hommes pensent que la mutilation génitale devrait cesser. La confirmation que les évolutions législatives permettent, à terme, un changement de mentalité.