Européennes : méfiez-vous des idées reçues

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Européennes : méfiez-vous des idées reçues
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L’euro a fait augmenter les prix, l’Union européenne est impuissante sur la scène internationale, … Europe 1 fait le point.

Le constat est unanime. On reproche souvent à l'Union européenne son opacité et son manque de visibilité. Alors que savez-vous réellement de l’Union européenne ? Europe 1 a recueilli vos opinions et vérifie si vos idées reçues correspondent ou non à la réalité.

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Maritza : "Avec l’euro, les prix ont beaucoup augmenté par rapport au franc." 

FAUX. Une idée reçue veut que l’arrivée de l’euro en 2002 a provoqué une valse des prix. Une impression que les chiffres de l’inflation compilés par l’Insee démentent : entre 1991 et 2001, l’inflation moyenne s’est établie à 1.72%. Et elle restée à 1,7% entre 2002 et 2013. L’inflation ne s’est donc pas affolée avec l’introduction de l’euro et elle était même plus élevée auparavant : entre 1950 et 2013, les prix ont augmenté en moyenne de 4,8% par an, toujours selon l’Insee. Pire, les économistes estiment que l’inflation actuelle est à un niveau anormalement bas depuis 2013.

Pour expliquer ce malaise du consommateur, la Commission européenne avance un argument psychologique : "Ce sont les achats en petite monnaie qui influencent notre perception de l’inflation". Or, "au moment où nous avons commencé à payer en euros, le prix de certains produits peu coûteux que nous achetons fréquemment a augmenté de manière inhabituelle, par exemple la tasse de café, le pain, etc. Ces achats quotidiens influencent davantage nos perceptions que des achats moins fréquents, mais souvent plus importants. Or, le prix de ces articles est resté stable, ou n’a que très peu augmenté".

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Jocelyne : "Je pense qu’on aurait dû rester à douze. On a intégré trop rapidement des pays qui ne sont pas économiquement égaux aux nôtres. On voit qu’il y a du dumping salarial."

VRAI. En voulant intégrer très vite les pays de l’Europe de l’Est, dont les standards sociaux et le niveau de vie étaient éloignés de l’Europe de l’Ouest, l’UE a pris le risque de se faire accuser de "dumping social". En clair, les Polonais, Roumains et autres Bulgares, dont le salaire moyen est bien moindre qu’en France, sont accusés de casser les prix. Et ce sur notre propre territoire, où ils peuvent travailler en vertu de la directive sur les travailleurs détachés entrée en vigueur de 1999.

Mais cette loi stipule que s’ils peuvent travailler en France, c’est aux conditions salariales de l’Hexagone. Ils ne sont donc pas censés casser les prix et, les chiffres de l’Insee le montrent, les salaires n’ont cessé d’augmenter depuis 2000. Sauf que les travailleurs détachés peuvent accepter un Smic là où un employé français demanderait un peu plus. Et coûtent bien moins cher en termes de charges sociales, qui sont celles de leur pays d’origine.

Résultat ? "Une pression à la baisse sur les salaires" dans certains secteurs, comme l’avait reconnu le ministre de Ministre de l’Agroalimentaire en citant l’exemple des abattoirs, où un travailleurs sur dix est détaché. Dans certains secteurs traditionnellement propices au travail au noir, notamment le bâtiment et l’agriculture, les salariés sont encore plus pénalisés puisque, selon les chiffres de l’Etat, un travailleur détaché sur cinq n’est pas déclaré. Et donc probablement pas payé au Smic comme la loi l’y oblige.

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Françoise : "Sur le budget européen, la plus grande transparence n'est pas aussi grande que l’on pourrait le souhaiter."

FAUX. Pour retrouver la composition du budget de l’Union européenne, auquel vous participez par le biais de vos impôts nationaux, rien de plus simple. De nombreuses pages internet (parfois austères et peu lisibles, c’est vrai) recensent les différents plans budgétaires. Les prévisions actuelles courent jusqu’en 2020.

En 2014, 8,7 milliards d’euros seront consacrés au budget de fonctionnement de l’UE, soit 5.9% d’un budget total de 142,64 milliards d’euros. En France, le budget de fonctionnement de l’Etat était de 15,8 % en 2014, sans compter les dépenses de personnel qui étaient de 39,6 % du budget de l’Etat, soit 55,4 % du budget total de la France.

L’Union européenne, elle, consacre une part équivalente à la croissance durable et aux ressources naturelles, un volet du budget qui comprend, pour sa plus grande partie, la Politique agricole commune.

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Michel : "Sur la crise en Ukraine, on entend discuter les Américains avec les Russes mais très peu l’Union européenne. Internationalement, elle ne fait pas le poids."

VRAI ET FAUX. Tout dépend sous quel angle on considère la diplomatie : celui de la dissuasion ou celui de la négociation.

Quand elle cherche à imposer ses vues, comme en Ukraine, l’arme diplomatique favorite de l’Union sont les sanctions économiques. Mais contre des pays puissants, comme la Russie ou l’Iran, elles sont souvent inefficaces. Une Europe, qui n’a et n’aura pas d’armée dans les prochaines années, comme l’écrivait L’Express, ne fait pas vraiment peur.

Et puis souvent, la lenteur des Vingt-Huit, qui se sont par exemple réuni cinq jours seulement après l’explosion de la crise en Crimée, les décrédibilise.

Pour autant, c’est dans son rôle de médiateur que l’Union européenne s’affirme, en Ukraine comme ailleurs. En quelques années, Catherine Ashton, la Haute-représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, est passée de “la femme invisible” au “triomphe discret”, selon Le Monde. Dans les négociations sur le nucléaire iranien, dossier moins impressionnant et moins médiatisé, “Cathy” s’est rendue indispensable pour accorder le régime de Téhéran, les autres puissances mondiales et l’Agence internationale pour l’énergie atomique. Sans elle, point de salut.

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Manioc : "J’ai l’impression que les premiers pays entrés dans l’Union européenne tiennent plus le pouvoir que les autres."

VRAI. Le premier élément de réponse est purement comptable. Les “vieux” pays de l’Union européenne sont les plus peuplés. Ils ont donc plus d’eurodéputés au Parlement européen et pèsent donc plus lors d’un vote. Quand un texte désavantage les pays de l’Est, rentrés plus tard dans l’Union, l’alliance des pays de l’Ouest suffit à faire passer le texte malgré l’opposition des “nouveaux” eurodéputés (dont certains ont fait leur entrée au Parlement européen il y a tout de même dix ans).

Cet avantage numérique est d’ailleurs un des arguments de ceux qui refusent l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Avec plus de 74 millions d’habitants, le pays aurait plus d’élus que la France ou l’Allemagne.

Par ailleurs, à la Commission européenne, chaque pays nomme un commissaire. Mais les postes les plus prestigieux sont monopolisés par les pays les plus puissants : une Britannique aux Affaires étrangères, une Luxembourgeoise à la Justice, un Français au Marché intérieur,... Pour autant, il existe des exceptions, comme le Polonais Janusz Lewandowksi au Budget.

Au Conseil européen, qui réunit les représentants des Vingt-Huit, chaque pays a une voix, ce qui gomme les disparités du Parlement et de la Commission. Pour autant, comme partout dans le monde, les pays les plus puissants économiquement dominent les négociations.

Mais parfois, le veto des “nouveaux entrants” empêche la mise en place de mesures-phares. La taxe sur les transactions financières, dite taxe Tobin, a dû être adoptée par onze Etats, en cercle restreint, hors du cadre habituel des Vingt-Huit.

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