États-Unis : y aura-t-il un dîner des correspondants cette année ?

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États-Unis : y aura-t-il un dîner des correspondants cette année ?
Donald Trump et la presse américaine entretiennent des relations très tendues. Le dîner des correspondants ne s'annonce donc pas sous les meilleurs auspices.@ AFP
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Alors que les relations entre Donald Trump et les médias américains sont très tendues, certains s'interrogent sur leur présence lors du traditionnel dîner des correspondants de la Maison-Blanche.

Dîner de gala rituel placé sous le signe de l'humour, au cours duquel journalistes et célébrités échangent des plaisanteries avec le président américain, le dîner des correspondants de la Maison-Blanche est cette année dans la tourmente sous la présidence Trump. Les relations houleuses entre la presse et l'administration de Donald Trump poussent les médias américains à s'interroger sur leur participation à ce dîner annuel de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche, qui doit se tenir le 29 avril prochain.

"La Maison-Blanche a clairement affiché son mépris pour la liberté de la presse". Devant les caméras et sur Twitter, Donald Trump ne cesse d'attaquer les "médias malhonnêtes" ou ceux qu'il qualifie de "fake news" (fausses nouvelles), et de nombreuses voix appellent à annuler ce dîner dont la tradition remonte à 1921. "Comment les médias peuvent-ils trinquer avec une Maison-Blanche qui a clairement affiché son mépris pour la liberté de la presse et son admiration pour (le président russe Vladimir) Poutine ?", s'est interrogé sur Twitter le rédacteur en chef du magazine The Atlantic, David Frum.

L'association qui organise l'événement dans le but de lever des fonds pour des bourses d'études en journalisme assure que le dîner se tiendra comme prévu. La Maison-Blanche a indiqué que le dîner était bien sur le calendrier de Donald Trump, en dépit de certains doutes sur sa participation. L'éditorialiste Robert Schlesinger, de US News & World Report, suggère aux médias de boycotter le dîner. "Les médias devraient acheter leurs places comme d'habitude (c'est pour une bonne cause), mais prévoir autre chose ce soir-là, et si (Donald Trump) y assiste, laissez ce narcissique obsédé par les audiences et la taille des foules s'adresser à une salle vide", a-t-il écrit.

Trump moqué par Obama lors du dîner de 2011. En 2011, Donald Trump avait participé au dîner et avait été la cible de moqueries de la part de Barack Obama. Un épisode que des analystes jugent crucial dans la décision du magnat de l'immobilier de se présenter à la présidence.

Ces dernières années, le dîner est devenu incontournable dans l'agenda mondain à Washington et attire une foule de célébrités allant de George Clooney à Will Smith ou Lindsay Lohan, qui se retrouvent parfois ensuite à la soirée de Vanity Fair dans la somptueuse résidence de l'ambassadeur de France. Cette année, le New Yorker et le Vanity Fair ont chacun annulé leurs fêtes organisées en marge du dîner des correspondants.

Un dîner des correspondants qui risque de tomber dans "le rabaissement journalistique". En outre, de nombreuses stars veulent éviter d'être associées à l'événement et aucun comédien ne s'est encore proposé pour animer la soirée, selon le Hollywood Reporter. Pour Margaret Sullivan, chroniqueuse médias au Washington Post, cet événement glamour et paillettes est devenu inapproprié. "Ce dîner des correspondants de la Maison-Blanche autrefois embarrassant et ridicule risque de sombrer dans le rabaissement journalistique", écrit-elle. "Il est temps de l'achever à coups de fourchette en argent".

Le correspondant de Slate Jacob Weisberg a appelé de son côté à annuler le dîner, "un spectacle totalement en contradiction avec le rôle de la presse de demander des comptes au gouvernement". L'animatrice de télévision Samantha Bee a déjà prévu un événement alternatif, le même soir, "pour accueillir des journalistes et des célébrités supportables du monde entier".

Un événement alternatif. Cet événement baptisé "Pas le dîner des correspondants de la Maison-Blanche" fera don de ses recettes au Comité pour la protection des journalistes, a précisé Samantha Bee. Si tous les présidents ont eu des conflits avec la presse, l'acrimonie entre les médias et la Maison-Blanche de Donald Trump est sans précédent. Donald Trump a parlé des journalistes comme des "êtres humains les plus malhonnêtes sur terre" et son principal collaborateur, Stephen Bannon, a appelé les médias "le parti d'opposition".