Etats-Unis : les armes d'assaut survivent

  • A
  • A
Etats-Unis : les armes d'assaut survivent
@ Reuters
Partagez sur :

La mesure proposée par Obama sur le contrôle des armes n'est pas soutenue par le Sénat.

L'INFO. Le type de fusil semi-automatique utilisé par Adam Lanza pour abattre 20 enfants et 6 adultes à l'école Sandy Hook de Newtown le 14 décembre dernier dans une école américaine restera donc en vente libre. Mardi, la mesure visant à interdire les armes d'assaut, soutenue seulement par 40 élus sur 100, n'est pas passée au Sénat. Ce projet n'a pas survécu à l'opposition ferme des défenseurs du droit à porter une arme, parmi les républicains… mais aussi du côté démocrate.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a confirmé mardi ce que beaucoup savaient depuis des mois : le texte ne dispose pas du soutien nécessaire pour survivre. La proposition de loi sera donc détachée du reste des propositions de réforme sur lesquelles le Sénat devrait voter dans les prochaines semaines. Le texte sera finalement soumis au vote indépendamment sous la forme d'un amendement qui devrait lui aussi être rejeté.

>>> A lire : Obama présente son plan de réformes

NRA fusil 930

© Reuters

Une victoire pour la NRA ? Et pourtant, il s'agissait d'une mesure phare présentée par Barack Obama dans la foulée du massacre de l'école Sandy Hook. Dianne Feinstein, la sénatrice démocrate à l'origine du texte, n'a pas caché sa déception. "Vous savez, sur ce sujet, les ennemis sont très puissants, je l'ai su toute ma vie", a-t-elle déploré dans le quotidien USA Today.

Le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), avait engagé une bataille pour tuer ce projet. Nombre d'élus sont financés par l'association à chaque élection et beaucoup craignent de la froisser et de perdre son soutien.

>>> A lire : Les filles d'Obama, cibles de la NRA

Pour Alan Gottlieb, vice-président exécutif de la Fondation pour le Deuxième Amendement (du nom de l'amendement constitutionnel sur le droit de détenir des armes), cette capitulation n'est pas une surprise et s'explique par un simple calcul électoral. "Beaucoup de démocrates ne veulent pas avoir à affronter les prochaines élections en ayant voté pour ça", a-t-il assuré, en référence aux sénateurs d'Etats conservateurs ou ruraux, où les armes sont banales.

 

Que prévoyait le texte ? Il aurait interdit dans tout le pays la fabrication, l'importation et la vente de pistolets et fusils semi-automatiques de type militaire, dits "d'assaut". En clair, ces armes qui permettent de tirer un grand nombre de balles très rapidement. Mais les propriétaires actuels n'auraient pas eu à rendre les leurs. Actuellement, seuls sept Etats et la capitale fédérale Washington interdisent ces armes. Les chargeurs à haute capacité, de plus de 10 balles, auraient aussi été interdits.

armes USA bandeau

© Reuters


Des avancées malgré tout. L'avenir des trois autres mesures adoptées en commission semble en revanche plus assuré au Sénat : la généralisation des vérifications d'identité et d'antécédents judiciaires avant tout achat, même dans les foires aux armes et sur Internet, la pénalisation des achats d'armes réalisés pour une personne qui n'aurait pas le droit d'en posséder, et de nouveaux crédits pour renforcer la sécurité dans les écoles.

>>> A lire : Newtown : une tuerie au fusil d’assaut

L'ensemble du Sénat votera sur ces mesures dans les prochaines semaines, puis la Chambre des représentants, contrôlée par les républicains, devra se prononcer avant que Barack Obama ne puisse promulguer les réformes. Mais un sénateur républicain, James Inhofe, disait toutefois mardi qu'il pensait que la Chambre voterait aussi contre chacune des trois mesures restantes.