En Catalogne, les unionistes veulent donner de la voix

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Discrets ces dernières semaines, les partisans de l'unité de l'Espagne doivent défiler dans les rues de Barcelone dimanche après-midi, pour dénoncer la proclamation d'indépendance de leur région. 

Le bras de fer se poursuit entre la Catalogne et Madrid. Samedi, le président destitué Carles Puigdemont a appelé les séparatistes à s'opposer démocratiquement à la mise sous tutelle de la région, au lendemain de sa proclamation d'indépendance. Mais dans les rues, la liesse de ses partisans n'a pas duré et les indépendantistes se sont peu montrés. Les unionistes, qui représentent la moitié de la population locale, veulent désormais en profiter pour se faire entendre : ils doivent se rassembler dans le centre-ville de Barcelone, dimanche, pour dénoncer un "coup d'État". 

"Des incidents violents" à craindre ? Peu habitués à manifester ou simplement a exprimer leur désaccord avec la sécession, les "autres" Catalans réagissent à ce qu'ils perçoivent comme un coup de force des indépendantistes. "Je suis Espagnol et à mon avis ce que le Parlement de Catalogne a fait est mal. Si je dois être totalement sincère, je dois dire que j'ai peur qu'il y ait des incidents violents", déplore Raul, interrogé par Europe 1. Selon lui, la tension pourrait déboucher sur des affrontements entre pro et anti-indépendance.

"Ça n'est pas réaliste". Il faut dire que la voie unilatérale a fracturé la société. Certains estiment désormais qu'il faudra des mois voire des années pour retisser les liens rompus dans les familles ou entre amis. David, qui ira manifester, assimile ce qui s'est passé vendredi à un suicide politique : "Faire une déclaration unilatérale sans structure d'État ni la moindre capacité pour contrôler le territoire, en affrontant en plus l'Etat espagnol... Ça n'est pas réaliste." 

À midi dimanche, les partisans de l'unité de l'Espagne manifesteront dans l'une des plus grandes artères de Barcelone, le Paseseig de Gràcia. Un choix qui n'est pas un hasard : c'est là que les indépendantistes ont organisé leur plus grande marche ces dernières années.