Emeutes : l'extrême fermeté de Cameron

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Emeutes : l'extrême fermeté de Cameron
David Cameron a écourté ses vacances mardi, soit trois jours après le début des émeutes.@ REUTERS
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Le Premier ministre britannique a tenu jeudi un discours très sévère vis-à-vis des émeutiers.

Le discours de David Cameron était fortement attendu. Si la nuit de mercredi à jeudi a été relativement calme, les quatre nuits d’émeutes ayant secoué la Grande-Bretagne depuis samedi ont fortement choqué la population, qui attendait une réponse forte du gouvernement. C’est chose faite avec ce discours du Premier ministre devant le Parlement, à l’occasion d’une session extraordinaire.

David Cameron s’est d’abord montré d’une extrême sévérité à l’égard des émeutiers, jugeant leur comportement ”totalement inacceptable”. ”C’est purement et simplement criminel, il n’y a aucune excuse à cela”. Pour lui, ”quand on vole un écran plat, il ne s’agit pas de politique, ni de manifestation, mais de vol”. Le Premier ministre a également promis qu’il n’y aurait ”aucune complaisance”, et prévenu les émeutiers : ”on va vous traquer, vous arrêter, vous juger et vous punir”.

Empêcher les émeutiers de communiquer

David Cameron est resté relativement évasif sur la possibilité de faire intervenir l’armée. Il a toutefois déclaré : "le gouvernement a pour responsabilité de veiller à ce que l'on pare à toute éventualité future, et notamment à ce que l'on étudie les tâches que l'armée pourrait assumer afin d'affecter plus de policiers à la première ligne".

A l’étude, également, la possibilité d’empêcher les émeutiers de communiquer entre eux. Grâce aux smartphones et à l’utilisation de SMS et de tweets, ils se réunissent facilement et se montrent plus mobiles. David Cameron serait en train d’évoquer cette possibilité avec la police et des entreprises technologiques.

Le Premier ministre a aussi donné l’autorisation aux policiers de démasquer les personnes soupçonnées de crimes.

Les victimes indemnisées

Quant aux victimes, qui commencent à critiquer l’inaction du gouvernement, elles seront indemnisées, promet David Cameron. Les commerces bénéficieront de reports d’échéances pour leurs impôts, afin de "se remettre sur pied". "La riposte a commencé, nous vous protégerons, nous sommes à vos côtés", a assuré le Premier ministre à la population.

Un discours d’une grande fermeté, et pour cause : l’enjeu est de taille pour David Cameron, qui doit affronter une crise sans précédent depuis son arrivée au pouvoir, il y a quinze mois. Déjà accusé au début de l’été de manque de discernement dans l’affaire News of the World, il a ensuite été critiqué pour son absence de réaction aux turbulences de la zone euro et doit maintenant affronter les reproches des Britanniques sur sa gestion des émeutes.

Haut risque pour Cameron

David Cameron a en effet mis du temps à écourter ses vacances en Toscane. Alors que les premières violences ont eu lieu samedi soir, il n’est arrivé à Londres que mardi. La presse n’a pas manqué de publier des photos de lui et de sa femme à la terrasse d’un café italien, publiées à côté de celles de commerces dévastés.

Des photos que David Cameron tente à tout prix de faire oublier, alors que certains habitants lui reprochent de ne pas arriver à reprendre les choses en main, et que les travaillistes commencent à pointer du doigt le plan de rigueur du gouvernement, comme facteur de tension sociale. Ces prochaines heures s’annoncent donc cruciales pour David Cameron, qui ne risque pas moins que sa carrière politique.