Elections américaines : la bataille est loin d’être gagnée pour Hillary Clinton

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Elections américaines : la bataille est loin d’être gagnée pour Hillary Clinton
@ TIMOTHY A. CLARY / AFP
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Si Hillary Clinton est assurée d’être désignée candidate démocrate à la présidentielle américaine, la bataille face à Donald Trump s’annonce ardue.

Rassembler. La tâche s’annonce compliquée pour Hillary Clinton, candidate du parti démocrate à l’élection présidentielle américaine le 8 novembre prochain. Si l’ancienne secrétaire d’Etat est parvenue à battre Bernie Sanders dans une majorité d’Etats – elle vient de remporter la Californie - elle va maintenant devoir convaincre les supporters de son rival de se rallier à elle. Y parviendra-t-elle ? Rien n’est moins sûr.

"30% des supporters de Sanders ne voteront pas pour Hillary Clinton"

"Le niveau d’animosité entre les partisans de Sanders et de Clinton est au plus haut", prévient Laurence Nardon, responsable du programme Amérique du Nord à l’Institut Français des Relations Internationales (Ifri), interrogée sur Europe 1. "Et si on regarde les sondages aujourd’hui, 30% des supporters de Sanders disent qu’ils ne voteront pas pour Hillary Clinton". Mais pour Julien Zarifian, maître de conférences en civilisation américaine à l’université de Cergy-Pontoise, il est peu probable que toute une frange de l’électorat s’abstienne de voter. Malgré leurs désaccords avec la candidate démocrate, "il y aura urgence à éliminer Trump et cela passera par un vote pour Hillary Clinton".

Pour le moment, Bernie Sanders a fait savoir qu’il ne comptait pas abandonner la compétition. Il faudra donc attendre qu’il jette l’éponge pour observer le choix de ses supporters. Il faudra aussi voir quelle stratégie adoptera la candidate démocrate. "Soit elle choisit de rassembler dans son camp et elle "gauchise" son programme ; soit elle va chercher des Indépendants et des Républicains déçus par Trump", analyse, pour sa part François Durpaire, historien et spécialiste des Etats-Unis.

Une image de femme hypocrite

Hillary Clinton a un autre défi à relever : améliorer son image. Pour la spécialiste Laurence Nardon, il n’est pas sûr qu’Hillary parvienne à casser l’image de femme froide "qui lui colle à la peau depuis des années. Elle apparaît toujours comme une femme hypocrite". Un point de vue partagé par François Durpaire. "Elle a un problème de confiance, de fiabilité. Elle entretient une culture du secret qui déplaît aux électeurs".

Mais Hillary Clinton bénéficie tout de même de soutiens de taille qui pourraient l'aider à rassembler autour d’elle : Barack Obama et Bill Clinton. "Obama va aider à rassembler, il va mettre en avant son bilan et surtout jouer sur sa cote de popularité très élevée en ce moment, bien plus qu’il y a quatre ans quand il a été réélu", prédit l’historien. Bill Clinton jouera aussi un rôle essentiel auprès des électeurs. "Si elle a été dans l’ombre de son mari pendant des années, cette fois, il va la mettre en avant et être à ses côtés".

Quelle vision politique ?

Mais une bonne cote de popularité ne suffira pas à la faire élire. Hillary Clinton va devoir éclaircir sa position. "On ne connaît pas la vision d’Hillary Clinton alors que celle de Trump est très claire : "Make america great again"(Faisons de l’Amérique à nouveau un grand pays) ", note François Durpaire. "Pour le moment, elle s’est définie essentiellement par rapport à lui. Il va donc falloir qu’elle donne des lignes claires", prévient-il.

Mais la tâche s’annonce ardue. "Elle a eu une campagne plus difficile qu’escompté. Bernie Sanders lui a causé beaucoup de problèmes et là elle va devoir faire face à Trump et ça ne va certainement pas être facile non plus", analyse Laurence Nardon, qui met en avant l’avantage de Trump pour les électeurs : son authenticité. "Il est vulgaire, grossier, mais authentique", souligne la spécialiste. Une qualité qui fait défaut à Hillary Clinton.

Et dans les sondages, l’écart entre les deux rivaux se resserre. Hillary Clinton ne conserve plus que dix points d'avance sur Donald Trump dans les intentions de vote en vue de l'élection présidentielle, selon une enquête Ipsos/Reuters publié mardi.