Élection américaine : les Billary un "couple inoxydable"

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Lui a été président, elle est en campagne pour le devenir, les Billary (contraction de Bill et Hillary) fascinent. 

Olivier O'Mahony est l'un des rares journalistes à avoir une place dans l'avion de campagne d'Hillary Clinton. Auteur de Les Billary – enquête sur le couple de pouvoir le plus fascinant du monde (Ed. Flammarion), il suit ce couple mythique pour Paris Match depuis son arrivée aux États-Unis en 2009 et ne manque pas d'anecdotes concernant la candidate démocrate. Au lendemain du troisième et dernier débat qui l'a opposée à Donald Trump, le journaliste livre un portrait inédit de Hillary Clinton. 

Des "vacheries inédites" pour Hillary. Une nouvelle fois, Hillary Clinton semble avoir pris le dessus sur son adversaire lors du dernier débat. "Je pense que le match est plié", assure Olivier O'Mahony. "Ce qui m'a le plus frappé, c'est que j'ai entendu Donald Trump répéter les mêmes choses que pendant sa campagne, en dehors de son refus d'accepter sa défaite. Alors qu'Hillary, que j'ai beaucoup vue en campagne, se renouvelle. Elle a sorti quelques vacheries inédites, comme par exemple le fait que les immigrés clandestins payent leurs impôts et pas Trump. Ça, je ne l'avais jamais entendu."

Des relations quelque peu compliquées avec les journalistes. Malgré ce succès, la candidate démocrate ne parvient pas à se défaire de son image de femme froide. "J'ai interviewé Hillary en tête-à-tête en 2014 et j'ai trouvé quelqu'un de très direct, pas du tout séductrice, tentant même d'instaurer un climat agréable et l'entretien s'est très bien passé. La deuxième fois que je l'ai vue, c'était lors de l'inauguration de son avion de campagne", rappelle-t-il. Une première quand on sait que jusqu'à ce moment-là, elle voyageait dans un avion séparé de celui des journalistes. 

"L'une des premières questions qui lui a été posée une fois dans l'avion c'est : 'Êtes-vous contente de voyager désormais avec les journalistes ?' Ce à quoi elle a répondu : 'Je suis absolument ravie, j'attendais ce moment avec grande impatience.' C'était une réponse avec un humour caustique comme elle l'aime", rapporte Olivier O’Mahony.

Les Billary, un "couple inoxydable". Si elle est sur le devant de la scène depuis plusieurs années, Hillary a d'abord été madame Clinton. Aurait-elle pris le pouvoir dans ce couple emblématique ? "Ce n'est pas la patronne du couple", affirme le journaliste. "Mais Bill a été élu grâce à elle et on ne peut pas forcément dire l'inverse. En 1992, elle était clairement la directrice de sa campagne. Et quand il a été clairement en difficultés, pendant l'affaire Gennifer Flowers, elle l'a soutenu et elle a remonté le moral des troupes. Et pour la grande interview qui a suivi, elle a été quasiment son attachée de presse, vérifiant jusqu'aux lumières."

"Contrairement à ce qu'on croit, c'est un vrai couple et même un couple inoxydable. Ils se sont rencontrés dans les années 70 sur les bancs de Yale. Elle l'a suivi dans l'État de l'Arkansas, un Etat très rural, et comme elle hésitait à l'épouser, il a acheté une maison pour la convaincre. C'est un vrai mariage d'amour."

Autre reproche adressé son Hillary : son rapport à l'argent. Hillary Clinton vit-elle dans le même monde que nous ? "Non. Dès qu'elle achète une maison, elle a besoin d'y construire une piscine. Et ce sont toujours des maisons à plusieurs millions de dollars. Son rapport à l'argent est très compliqué. C'est lié à son père qui était un petit patron de PME, très pingre et dont elle parle souvent dans sa campagne. 'Quand je laisse des cacahouètes dans le fond d'un bol, je culpabilise parce qu'il ne faut jamais laisser'." Et comme elle l'avait dit en 2013 lors d'une conférence, "il faut avoir une position publique et une position privée". Elle est donc capable de s'adapter à son public.

Une candidate malade ? Quant à la santé défaillante d'Hillary, il n'y aurait pas lieu de s'inquiéter, selon Olivier O’Mahony. "Je pense qu'il n'y a pas de drame concernant la santé d'Hillary. Elle a eu une pneumonie mais ça peut arriver. Je l'ai vue en août 2016 et j'ai constaté qu'elle marchait de manière très lente, qu'elle était très hésitante dans ses pas. J'ai aussi pu constater qu'elle dégageait des ondes assez négatives quand il s'agissait de serrer des mains dans des cafés alors que j'avais suivi Bill Clinton dans les mêmes circonstances et c'est bien plus drôle."