Egypte : un pays tenu par l’armée

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Egypte : un pays tenu par l’armée
@ REUTERS
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Hosni Moubarak ne doit son maintien qu’à des militaires qui lui sont fidèles… pour le moment.

Le centre-ville de la capitale égyptienne est quadrillé par les militaires. Ce sont eux qui décident qui a le droit ou non de passer. Si la mobilisation ne faiblit pas dans le pays, l’armée ne semble pas prête à montrer le moindre signe de faiblesse et ce sont désormais les militaires qui tiennent le pays.

"Moubarak ne serait plus là si l’armée l’avait décidé"

"L’armée a clairement pris les choses en mains", raconte l’envoyé spécial d’Europe 1 au Caire. "Mais pour le moment l’armée laisse passer les manifestants", ajoute-t-il. Dans la rue de jeunes manifestants passent dans chaque magasin pour rappeler aux commerçants l’appel à la grève général lancé lundi.

"L’armée a, en fait, réussi un véritable tour de force car elle a sauvé provisoirement le président Moubarak", analyse Dider François, grand reporter à Europe 1. "Hosni Moubarak ne serait plus là si l’armée l’avait décidé", ajoute-t-il, expliquant que "les militaires sont les principaux bénéficiaires de ces manifestations car l’armée a opté pour un processus de transition, qu’elle contrôle, pour empêcher toute révolution". En effet, les militaires ne veulent surtout pas se laisser dicter par la rue ni le rythme, ni l’ampleur des réformes.

L’armée pourrait utiliser la force

L’armée ne veut donc pas montrer le moindre signe de faiblesse qui pourrait donner des idées aux Frères Musulmans. Pour cela, les militaires ont mis la main sur tous les leviers du pouvoir, à commencer par le nouveau gouvernement. Le nouveau vice-président n’est autre que le très puissant général Omar Souleimane, patron du service des renseignements qui a toujours lutté contre les islamistes.

Mais si les manifestations venaient à s’intensifier, l’armée pourrait se montrer moins conciliante. Jusqu’à présent les militaires ont laissé les Egyptiens descendre dans la rue en assurant leur sécurité, "mais l’armée pourrait très bien avoir recours à la force si elle estime que ce n’est plus Moubarak mais le système qu’elle dirige qui est menacé", analyse Didier François.