Egypte : la France veut la libération de Morsi

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Egypte : la France veut la libération de Morsi
@ REUTERS
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Les islamistes maintiennent la mobilisation tandis que le président déchu reste détenu.

L’INFO. La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a rencontré l'ex-président Mohamed Morsi, gardé au secret par l'armée depuis sa destitution. Une rencontre qui a eu lieu quelques heures avant de nouvelles manifestations des islamistes en Egypte qui ont promis de rester mobilisés. "La situation est très critique en Egypte", a pour sa part jugé Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. "Nous, la France, nous appelons au refus de la violence et à la libération des prisonniers politiques y compris celle de l'ancien président Morsi", a-t-il réclamé.

Détenu dans un lieu secret. Catherine Ashton a rencontré Mohamed  Morsi "pendant deux heures", a précisé sa porte-parole. La chef de la diplomatie européenne avait quitté Le Caire dans la nuit à bord d'un hélicoptère militaire, aux vitres teintées, pour une destination non précisée où l'ex-chef d'Etat islamiste est retenu, avaient indiqué auparavant des responsables sous couvert d'anonymat.

Première visite officielle pour Morsi. Mohamed Morsi n'est pas apparu en public depuis son renversement et n'a officiellement reçu aucune visite. Sa famille elle-même a déploré récemment ne pouvoir le rencontrer. Lors de sa précédente visite au Caire le 17 juillet, Catherine Ashton avait demandé la libération du président déchu et avait elle aussi regretté de ne pas avoir pu le rencontrer.

Les islamistes ne sont pas prêts à céder. La représentante de la diplomatie de l'Union européenne tiendra une conférence de presse mardi en fin de matinée. Arrivée dimanche soir dans le pays, elle a eu lundi des entretiens avec les nouvelles autorités et des membres de formations islamistes proches de Mohamed Morsi. Ces derniers ont indiqué dans un communiqué avoir prévenu Catherine Ashton que "le peuple égyptien ne quittera pas les rues et les places jusqu'au retour à la légitimité constitutionnelle".

Depuis sa destitution le 3 juillet, les partisans de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, organisent régulièrement des manifestations, émaillées de violences meurtrières, et observent des sit-in, notamment sur plusieurs places du Caire.

Un nouveau bain de sang redouté. Ils ont appelé à une manifestation "d'un million" de personnes mardi pour réclamer la réinstauration du premier président démocratiquement élu du pays. La crise politique dans le pays s'est récemment encore aggravée avec la mort de 72 civils et d'un policier dans des affrontements entre pro-Morsi et forces de l'ordre samedi au Caire. Le pouvoir menace de disperser par la force les sit-in islamistes installés depuis un mois dans la capitale, accusés d'être des foyers de "terrorisme", faisant redouter de nouveaux bains de sang.