Ebola contamine les esprits à Monrovia

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Ebola contamine les esprits à Monrovia
@ Reuters
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REPORTAGE E1 - Dans les rues de la capitale libérienne, la peur du virus Ebola s'est répandue. Et crée une atmosphère de psychose que n'arrivent pas à endiguer les volontaires engagés dans la lutte contre le virus.

Ebola a aussi contaminé les esprits. Une ville entière les nerfs à vif. A Monrovia, capitale du Libéria, le million d'habitant est désormais partagé en deux catégories. Les malades touchés par Ebola et leurs proches, soupçonnés d'être infectés, et les autres, effrayés à l'idée de contracter le virus qui a déjà fait plus de 3.000 morts.

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Une atmosphère propice à la psychose, que n'arrivent pas à dissiper les équipes médicales engagées dans la lutte contre la maladie, comme l'a constaté l'envoyée spéciale d'Europe 1 dans la capitale libérienne. Dans un des trois centres de traitement de la capitale, un volontaire est pris à parti par les familles des malades. La sueur perle derrière son masque, et sa combinaison de plastique blanc ne le protège pas des cris des proches venus réclamer des nouvelles d'un mari, d'une épouse, d'un parent.

>> Vous pouvez aussi écouter le reportage de notre envoyée spéciale à Monrovia Gwendoline Debono ici



Ebola contamine les esprits à Monroviapar Europe1fr

"Peut-être qu'il est vivant, peut-être qu'il est mort". Parmi eux, Assah réclame des nouvelles de son époux : " Depuis que mon mari est ici on m'a d'abord dit il est mort, puis finalement un infirmier m'a dit qu'il était peut-être vivant alors j'aimerais voir quelqu'un qui sorte du centre pour avoir de ses nouvelles."

"Personne ne m'acceptait". Mais la confusion règne dans le centre où les volontaires manquent de moyens, de lits et de temps. La sirène d'une ambulance couvre le brouhaha et brise l'attroupement. Les proches des malades s'écartent prestement et s'aspergent de chlore, fragile barrière contre la maladie. Outre les corps, Ebola a contaminé les esprits à Monrovia. Pour le grand malheur de Kinasa, dont le mari a été transféré dans un des centres de traitement de la ville. La jeune femme a subi une double peine puisqu'elle a été mise à l'écart, soupçonnée d'être malade et donc mise en quarantaine à quelques semaines de son accouchement. " Tout le monde avait peur de moi personne ne m'acceptait, seule ma sœur m'apportait de la nourriture, j'ai pu accoucher dans une maison voisine mais pas dans la clinique", explique-t-elle au micro d'Europe 1.

Ebola n'a pas gagné tous les recoins de la ville. Mais cette ambiance anxiogène qui gagne les rues ne s'est pas répandue dans tous les recoins de Monrovia. A Slipway, l'un des bidonvilles de Monrovia, on danse collé serré dans un des débits de boisson qui accueille les fêtards. Les bières passent de main en main, ici, les sirènes des ambulances ne couvrent pas encore la musique. Mais pourtant, Ebola pourrait bientôt s'inviter à la fête. 

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Pourquoi Ebola revient-il en force maintenant ?par Europe1fr