Drame du textile au Bangladesh

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Drame du textile au Bangladesh
@ REUTERS
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PHOTOS - Un immeuble s'est effondré, faisant 300 morts. Polémique sur les conditions de travail.

L'effondrement d'un immeuble de huit étages au Bangladesh mercredi a fait, déjà, au moins 300 morts. Parmi les victimes, figurent essentiellement des femmes, ouvrières du secteur textile, employées par des marques européennes. Les secours ont extrait vendredi 45 rescapés des décombres. Cette catastrophe relance la polémique sur la sécurité dans ce secteur.

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Cet immeuble de huit étages, Rana Plaza, situé à la périphérie de la capitale, Dacca, abritait au total cinq ateliers de confection notamment liés à la marque espagnole Mango et au Britannique Primark. Le bâtiment s'est effondré comme un château de cartes peu après l'heure de l'embauche mercredi.

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Des plaintes et des appels à l'aide de victimes englouties par des tonnes de gravats et d'acier tordu guidaient l'épuisant travail des secours au milieu d'un site évoquant les conséquences d'un puissant séisme. Des centaines de personnes attendaient, rongées par l'angoisse, en brandissant des photos de leurs proches. Entre vingt-quatre et quarante rescapés, selon des porte-parole de l'armée, ont été secourus jeudi.

Des fissures signalées auparavant

Des ouvriers du textile travaillant au sein du bâtiment s'étaient publiquement inquiétés la veille de fissures mais leurs responsables ont ignoré les mises en garde, leur enjoignant d'embaucher normalement le jour suivant.

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Il s'agit du pire accident dans l'histoire industrielle de ce pays défavorisé qui a fait du secteur textile le pivot de son économie. Et ce drame relance la polémique sur les conditions de sécurité et de travail dans le secteur textile au Bangladesh, le deuxième plus important au monde, qui fournit nombre de marques occidentales à bas prix. En novembre 2012, un incendie dans une usine textile fournissant notamment l'américain Walmart avait déjà fait 111 morts à la périphérie de Dacca. Selon des ouvriers, leurs responsables leur avaient demandé de rester à leur poste en affirmant qu'il ne s'agissait que d'un exercice d'alerte incendie.

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Selon Tessel Pauli, une porte-parole de Clean Clothes Campaign, cet accident est "symptomatique" des problèmes dans ce secteur au Bangladesh. "Ces accidents montrent un échec des marques (étrangères) à faire de la sécurité une priorité. Ils savent ce qui doit être fait et ne le font pas", a-t-elle dénoncé. Un responsable de la police, Monir Hossain, a précisé qu'une enquête avait été ouverte à l'encontre du propriétaire du bâtiment, un membre du parti au pouvoir, pour violation des règles de construction.