Donald Trump : ces affaires qui peuvent l'inquiéter

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Donald Trump : ces affaires qui peuvent l'inquiéter
Pendant 30 ans, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, a été impliqué dans 4095 affaires judiciaires.@ AFP
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Le milliardaire, qui a créé la surprise mardi en remportant l'élection présidentielle face à Hillary Clinton, est impliqué dans de nombreuses affaires judiciaires.

La liste est interminable. Pendant 30 ans, le nouveau président des États-Unis, Donald Trump, a été impliqué dans 4095 affaires judiciaires, relève le quotidien américain USA Today qui les a compilées depuis juin et actualisées régulièrement : des affaires fiscales, de diffamation, de licenciement abusif mais aussi d'arnaques en tout genre. Si beaucoup ont été réglées à l'amiable, et certaines classées sans suite, 75 affaires, selon le quotidien américain, sont encore en cours, lancée pour moitié par l'homme d'affaires et pour l'autre moitié contre lui. Il est notamment accusé de ne pas avoir payé certaines taxes, d'avoir diffamé une consultante pour le parti républicain, et d'avoir discriminé certains des employés travaillant pour ses golfs. Mais c'est aussi lui qui est à l'origine de plaintes

Or, aux États-Unis, à la différence de la France, le président n'est pas au dessus des lois. "Tous les citoyens sont égaux, président ou non. Le "Commander in chief" peut ainsi être jugé dans le cas d'une affaire pénale ou au civil", précise Jean-Eric Branaa, maître de conférence en politique à Paris 2-Assas, spécialiste de États-Unis. Parmi les 75 affaires, celles susceptibles de réellement embarrasser Donald Trump sont limitées.

Les accusations d'agressions sexuelles. En octobre, après l'exhumation d'une vidéo de 2005 dans laquelle Donald Trump tient des propos vulgaires et dégradants envers les femmes, une dizaine de femmes ont affirmé avoir été victimes d'agressions sexuelles ou de comportements déplacés de la part du magnat de l'immobilier.

Ces témoignages n'ont pas encore débouché sur des procès. Seule une femme a porté plainte, en juin dernier. Elle accuse Donald Trump de l'avoir violée en 1994, alors qu'elle était âgée de 13 ans. "C'est embêtant pour lui car avec des recherches de preuves on peut tomber dans le sordide", pointe Jean-Eric Branaa. "Mais cela va se régler par l'intimidation. Réel ou supposé, le viol ou l'agression sexuelle sont très compliquées à prouver. C'est la difficulté de ces affaires de moeurs. Les négociations sont déjà engagées, il a une équipe d'avocats qui ne s'occupent que de ses affaires en cours".

La Trump university. Autre caillou dans la chaussure du nouveau président : l'affaire de la "Trump university". Entre 2005 et 2010, des milliers d'étudiants ont suivi un cursus leur promettant de faire d'eux des as du business moyennant des frais de scolarité de 35.000 dollars (32.000 euros). "Une vaste arnaque. Il a prétendu mieux éduquer que les éducateurs, il s'est pris pour un super pédagogue à 35.000 dollars l'année. Mais les étudiants n'ont rien appris. Leur diplôme ne valait rien", résume le spécialiste des Etats-Unis.

5.000 anciens étudiants se sont regroupés pour déposer un recours collectif contre le magnat de l'immobilier. Ils lui réclament le remboursement de leur frais de scolarité. Le procès doit commencer à la fin du mois, le milliardaire pourrait donc être appelé comme témoin bien avant sa prise de fonction le 20 janvier. Et l'affaire pourrait coûter 40 millions de dollars à Donald Trump. "Cela commence à faire une somme importante, même pour un milliardaire", assure Jean-Eric Branaa. "Mais maintenant qu'il est président, il a intérêt à payer pour éteindre l'incendie." Aux Etats-Unis, de nombreuses affaires se règlent en dehors des tribunaux. Les deux parties trouvent alors un arrangement financier.

Aussi, si cette affaire est embarrassante, elle l'est avant tout pour son porte-monnaie. "Ce procès devrait lui coûter plus cher que s'il n'avait pas été élu. Cela va faire monter un peu plus les enchères. Mais à part toucher son portefeuille cela risque de faire pschitt. Ses partisans sont au dessus de ça", ajoute le spécialiste. 

La destitution, une option? Officiellement, tout élu ou fonctionnaire peut être destitué soit pour trahison, soit pour crime ou pour tout autre chose. Mais dans les faits, cela dépend avant tout d'une volonté politique. Une procédure doit être lancée par la Chambre des représentants et c'est ensuite au Sénat de la valider et d'organiser un procès. "Le Congrès nouvellement élu est républicain et il a intérêt à ce que que le mandat de Donald Trump fonctionne", assure Jean-Eric Branaa. "De leur côté, les démocrates n'ont pas les forces nécessaires et ce n'est pas dans leur nature de lancer ce type de procédures". Donald Trump pourra être jugé, il pourra être condamné, mais destitué, "cela semble quasiment impossible".